Partage d'évangile quotidien
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Nous sommes différents

Jeu. 22 Octobre 2026

Nous sommes différents, nous les humains, nous sommes différents des animaux.

Entendons-nous : je ne dis pas que nous ne serions pas des animaux ; nous sommes des animaux. Mais différents des autres animaux.

Les animaux peuvent se contenter d'avoir à boire et manger, et de se reproduire s'ils trouvent leur partenaire pour le faire. Lorsqu'ils ont tout cela, ils sont satisfaits. Nous les humains, non, cela ne nous suffit pas, il nous manque encore autre chose, quelque chose de l'ordre du sens, de la signification.

C'est ce qui explique que certains n'ont jamais assez, jamais assez de possessions, et pour cette raison courent après le pouvoir, toute forme de pouvoir, tout cela dans l'illusion de combler ce manque, cette insatisfaction, cette absence de sens à leur vie, comme si le manque dont ils souffrent était de l'ordre de l'avoir. Et ils le savent bien au fond d'eux-mêmes que leur attitude n'est qu'une fuite sans fin, mais comment pourraient-ils le reconnaître sans perdre la face ?

Tous les groupes humains, toutes les cultures humaines, ont développé dans leur histoire des mythes, des concepts, concernant un au-delà (ou en-deça) de ce monde visible, tangible, de ce monde manifesté, dans lequel nous naissons, vivons, et mourons. Ce qu'on appelle aussi des religions, depuis le chamanisme jusqu'aux monothéismes, sont de telles tentatives de répondre à ce manque qui nous hante encore, nous les humains, lorsque et alors que nos besoins fondamentaux en tant qu'animaux sont pourtant satisfaits.

Mais il semble qu'adhérer à une religion ne suffise plus à l'époque que nous vivons. Elles se sont en effet beaucoup trop discréditées elles-mêmes. Parce qu'une religion, au départ, ce n'est pas un échafaudage purement humain et arbitraire, c'est d'abord une expérience spirituelle authentique, un vécu personnel de cet au-delà et en-deça du monde manifesté, dont quelques uns ont été bénéficiaires, et dont ils ont témoigné, ce qui a permis à d'autres d'y accéder aussi à leur tour, plus ou moins, et ainsi de suite, mais avec une tendance générale à une dégradation de l'expérience elle-même.

Et nous en sommes là. Sous la mondialisation d'une certaine rationalisation triomphante (et qu'il ne faut pas regretter), croire en une religion ne suffit plus, et ne peut que mener de manière de plus en plus exacerbée à leurs caricatures, dont elles ont hélas déjà trop souvent au cours des siècles été les victimes, que sont les fondamentalismes de toutes sortes, leur visage le plus hideux car en fait la trahison la plus exacte possible de leur origine et seule raison d'être.

Alors quoi ? le transhumanisme comme seule perspective envisageable, ce mirage par lequel nous perdrions non seulement notre humanité vraie, mais même notre animalité, comme si nous n'étions jamais que des machines ? Non ! rien que l'énoncé de cette dernière lubie à la mode fait éclater comme une baudruche le non-sens de cette non-réponse...

Non, ce que signifient ces temps auxquels notre humanité est arrivée, c'est que c'est désormais à chacune et chacun de faire par soi-même l'expérience du non-manifesté, pour ne pas dire du divin, en soi.

Et pour cela, il n'y a pas d'autre chemin que celui qu'on trouvera soi-même, le sien.