Irréductibles
Nous sommes irréductibles.
Irréductibles en premier à nos parents biologiques. On dit souvent qu'ils nous ont "donné" la vie, mais c'est faux. Personne n'est capable de créer ne serait-ce qu'une seule cellule vivante, à plus forte raison tout un être humain ! Nous ne donnons pas la vie, nous la transmettons, et même ce qui, en nous, nous permet de transmettre la vie, nous a été transmis.
Mais irréductibles aussi à toute communauté humaine, de quelque nature qu'elle soit (sociale, culturelle, politique, religieuse, philosophique) et de quelque taille qu'elle soit (cercle de parenté proche, de voisinage, association, parti, paroisse, religion, club). Tout ceci peut nous nourrir et nous façonner, mais nous ne nous identifions pas à la somme ni à la multiplication de toutes ces influences.
Et irréductibles encore et surtout à nous-même. Nous ne nous réduisons pas à rien de ce que nous pensons avoir : un corps, des goûts, des amitiés, des pensées, une personnalité, un esprit, une âme, des sentiments, des appétits. D'abord parce que, plutôt que de dire que nous "avons" tout cela, il serait plus correct de dire que c'est ce que nous "sommes". Mais, plus important : nous ne sommes pas que tout cela, nous sommes bien plus que ça.
Ce que nous sommes est un mystère, le mystère de l'être en soi, qu'on peut appeler Dieu, ou la Nature, ou l'Univers, ou la Vacuité. Nous sommes ce mystère insaisissable, que toute religion a tendance à vouloir réduire et enfermer en sacralisant ses écritures "saintes", ses dogmes "intangibles", ses rites "immuables". Nous sommes des êtres, libres ; personne ne peut nous posséder, pas même nous-mêmes.
Nous passons dans le monde, et allons...
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Dans la synagogue de Nazareth,
Jésus leur dit :
« Sûrement, vous me direz cette parabole :
"Médecin, guéris-toi toi-même !"
Tout ce que nous avons entendu
qui est arrivé à Capharnaüm,
fais-le donc ici,
dans ta patrie ! »
Il dit :
« Amen, je vous dis :
nul prophète ne peut être accueilli dans sa patrie.
En vérité, je vous dis :
il y avait de nombreuses veuves aux jours d'Élie
en Israël,
quand fut fermé le ciel pour trois ans et six mois,
que c'était une grande famine sur toute la terre.
Et à aucune d'elles ne fut délégué Élie,
mais bien à Sarepta de Sidon, à une femme veuve !
Et il y avait de nombreux lépreux en Israël
sous Élisée le prophète.
Et aucun d'eux ne fut purifié,
mais bien Naaman, le Syrien ! »
Tous sont remplis de fureur dans la synagogue
en entendant ces choses.
Ils se lèvent, le jettent hors de la ville,
et l'amènent jusqu'à un escarpement de la montagne
sur laquelle leur ville est bâtie,
pour le précipiter.
Mais lui, passe au milieu d'eux,
et va...
(Luc 4, 22-30)

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