Partage d'évangile quotidien
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Tuons-le !

Ven. 10 Mars 2023

Georges Moustaki chantait autrefois, dans un autre siècle, "une chanson pour les enfants qui naissent et qui vivent entre l'acier et le bitume, entre le béton et l'asphalte" : "Il y avait un jardin qu'on appelait la Terre..."

C'est toujours la même histoire. Il y en a un (appelons-le "l'univers") qui vous fabrique un beau Soleil et une belle Terre, puis il y fait pousser de belles plantes avec de belles fleurs et de bons fruits, puis il y fait foisonner de magnifiques animaux, chaque espèce avec ses goûts et ses préférences, son habitat et ses habitudes, et pour finir il vous fait, vous, capable de vous émerveiller de tout ce qu'il a fait, capable de découvrir l'incroyable ingéniosité dont il a su faire preuve, capable d'admirer, et de remercier. Et vous, vous faites comme si c'était vous qui vous étiez fait vous-même, et même comme si c'était vous qui aviez fait celui qui vous a fait, et que ce serait lui qui aurait des leçons à recevoir de vous...

Ou encore, on vous prête un jardin avec de la vigne et tout ce qu'il faut pour en faire du vin, et tout ce qu'on vous demande en échange, c'est juste de dire merci au monsieur, de penser à lui avec gratitude, et, lorsque vous aurez vendangé votre vigne, que vous en aurez pressé les grappes, que vous aurez mis le jus à fermenter, et que, le vin étant parvenu à maturité, vous en soutirerez le premier verre, alors, il espère juste que vous l'inviterez à venir goûter votre vin nouveau, que vous le partagerez avec lui. Mais vous, vous vous dites : tuons-le, comme ça nous pourrons nous faire croire que c'est nous qui avons planté cette vigne, nous qui l'avons entourée d'une clôture, nous qui y avons creusé le pressoir, nous qui y avons bâti la tour...

C'est toujours la même histoire : il est difficile d'aller au bout de soi-même, là où rien ne nous appartient, alors que c'est justement la seule condition pour que nous vivions tout comme nous étant donné...

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître, où nous aurions pu vivre insouciants et nus, où est cette maison toutes portes ouvertes ?

 

 

 

« Une autre parabole ! Entendez :

Il était un homme, un maitre de maison.
Il plante une vigne, l'entoure d'une clôture,
    il y fore un pressoir et bâtit une tour.
Il la loue à des vignerons
    et part au loin.

Quand est proche le temps des fruits,
il envoie ses serviteurs aux vignerons
    pour prendre ses fruits.
Les vignerons prennent les serviteurs :
    l'un, ils le battent,
    l'autre, ils le tuent,
    l'autre, ils le lapident.

De nouveau il envoie d'autres serviteurs,
    en plus grand nombre que les premiers.
Et ils leur font de même.

    Après, il envoie vers eux son fils, en disant :
“Ils respecteront mon fils.”
    Mais les vignerons, en voyant le fils, disent en eux-mêmes :
“Celui-ci, c'est l'héritier !
    Allons-y ! Tuons-le ! Nous aurons son héritage !”
Ils le prennent, le jettent hors de la ville
    et le tuent.

Eh bien, quand viendra le seigneur de la vigne,
    que fera-t-il à ces vignerons-là ? »

Ils lui disent :
« Ces hommes de mal, de male mort il les perdra !
La vigne, il la louera à d'autres vignerons
    qui lui rendront les fruits en leur temps. »

    Jésus leur dit :
« Vous n'avez jamais lu dans les Écrits :
“La pierre rejetée par les bâtisseurs,
    celle-là est devenue tête d'angle.
Du Seigneur cela vient :
    c'est merveille à nos yeux” ?
Aussi je vous dis :
    À vous sera enlevé le royaume de Dieu,
et il sera donné à une nation
    qui en fera les fruits. »

Quand les grands prêtres et les pharisiens
    entendent ses paraboles,
ils connaissent qu'il parle d'eux-mêmes.
Ils cherchent à se saisir de lui,
    mais ils craignent les foules :
c'est qu'elles le tenaient pour un prophète.

(Matthieu 21, 33-43.45-46)

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