Partage d'évangile quotidien
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Ils ne savent pas

Sam. 13 Mai 2023

Qu'y aurait-il de plus à vivre dans nos vies que de manger, boire et dormir ?


Est-ce que ce monde abhorre encore les chrétiens, de nos jours ? Il faudrait d'abord savoir de quoi parle ce texte : Jésus n'est pas mort à cause de ses enseignements mais plutôt à cause de ses partisans, de leur incapacité à sortir de leur attente d'un messie politique. Pour ce qui est des tout premiers chrétiens, ils ont pu avoir à subir deux sortes de persécutions : de la part des autorités religieuses juives, et de la part des autorités politiques romaines.

Pour ce qui est des autorités religieuses juives, on ne peut exclure que, malgré la mort de Jésus, les premiers chrétiens mettaient encore une espérance politique en lui : ils pensaient que son retour serait pour très bientôt, et l'image qu'ils se faisaient de son règne pouvait très bien comporter encore une très forte dimension territoriale, incluant la souveraineté d'Israël dans ses frontières... Mais on ne peut pas non plus exclure des motifs plus strictement religieux, car si, malgré sa mort, Jésus était effectivement le messie, alors les autorités religieuses étaient censées se soumettre à lui.

Pour ce qui est des autorités politiques romaines, au-delà de l'effet boucs émissaires bien commodes, qui a pu être exploité, la question religieuse était aussi bien présente : les chrétiens refusaient de sacrifier aux dieux, et étaient donc considérés comme athées. Et si les juifs en faisaient autant, ils étaient cependant protégés par un statut propre qui leur avait été accordé. Tant que les chrétiens ont été considérés comme une branche particulière du judaïsme, ils ont bénéficié de la même protection, puis qui s'est terminée à partir de leur rupture.

Mais de nos jours ? Certes, les blessures engendrées par l'arrogance de tant de siècles de christianisme triomphant sans aucune retenue, resteront toujours là, dans la mémoire de l'humanité, bien présentes, distillant toute leur amertume et suscitant la rancœur. Mais, mis à part quelques fossiles croyant encore à l'athéisme, ce qui semble prédominer de manière quasiment unanime est bien plutôt une indifférence sans fond.

Eh bien quoi ? qu'y aurait-il de plus à vivre dans nos vies que de manger, boire et dormir ? et bien sûr travailler ce qu'il faut — mais le moins possible évidemment — pour pouvoir profiter au maximum de ce merveilleux programme ? Effectivement, puisque nous ne sommes en réalité que des animaux — peut-être les plus évolués des animaux, mais que des animaux —, que pourrions-nous souhaiter d'autre ou de plus ? Pour nous comme pour eux, vivre et profiter au mieux des plaisirs que peut nous procurer la vie, constitue donc notre horizon indépassable.

Toute la question est là : ce monde dans lequel nous vivons, qui est certes beau et bon — ou du moins peut l'être, si nous acceptons aussi de le partager équitablement avec tous nos frères et sœurs, ainsi qu'avec tout le reste de la création —, est-il sa propre finalité, ou pas ? S'il est sa propre finalité en lui-même, si nous n'avons pas d'autre perspective que de vivre le plus longtemps possible et le mieux possible pendant une durée de temps infime à l'échelle de l'univers, puis de disparaître, alors quel sens y a-t-il réellement pour nous, êtres humains, à vivre ?

Toute la question est là : ils ne connaissent pas, ils n'imaginent même pas, qu'il puisse y avoir autre chose. Ils sont les seuls, dans ce monde, qui soient conscients d'eux-mêmes et de l'univers, et cela ne semble pas avoir de sens pour eux. Évidemment, quand "LA SCIENCE" leur assure que cette conscience n'est qu'un sous-produit de leur cerveau, de la même manière que leurs fèces ne sont qu'un sous-produit de leur ventre...

 

 

Si ce monde vous abhorre,
    sachez qu'il m'a abhorré avant vous.

Si vous étiez de ce monde,
    ce monde aimerait ce qui est sien,
mais parce que vous n'êtes pas de ce monde
    puisque moi je vous ai tirés de ce monde,
c'est pour cela que vous abhorre ce monde.

Souvenez-vous de la parole que moi je vous ai dite :
    le serviteur n'est pas plus grand que son seigneur ;
s'ils m'ont persécuté,
    vous aussi ils vous persécuteront,
s'ils avaient gardé ma parole,
    la vôtre aussi ils la garderaient.

Mais tout cela ils vous le feront
    à cause de moi,
parce qu'ils ne connaissent pas
    celui qui m'a envoyé.

(Jean 15, 18-21)

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