Partage d'évangile quotidien
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Le corps, c'est l'esprit

Jeu. 29 Juin 2023

ou : l'esprit, c'est le corps


Il les enseignait comme ayant autorité ou puissance : ceux qui l'écoutaient se mettaient à comprendre ce qui, jusque là, était resté comme extérieur à eux. Ce qu'il leur disait rejoignait leur propre vérité intérieure. La Torah, les préceptes, qu'ils connaissaient par cœur depuis leur enfance, ils les avaient toujours acceptés, c'était comme ça, cela faisait partie de leur culture, et il ne leur serait pas venu à l'esprit de les contester, mais c'était comme des lois : on sait qu'elles sont nécessaire, mais d'un savoir purement intellectuel, et c'est ainsi aussi que les leur présentaient les "scribes".

La parole de Jésus, elle, provient d'un autre lieu : il vit ce dont il parle. Cela ne vient pas que de son intelligence, mais aussi de son cœur, et même de toutes les fibres de son corps, jusque ses entrailles. Et c'est ce qui lui permet d'innover, parce que lorsqu'on ne parle qu'avec son intelligence, on n'en reste alors inéluctablement qu'à la lettre des mots, alors que pour en atteindre l'esprit, il faut que ce soit tout le corps qui y soit engagé. Comprendre, c'est appréhender les choses avec tout son être, pas seulement avec sa raison.

Le lieu d'où Jésus parle, c'est donc celui-là, c'est ce lieu qui n'est pas seulement celui des mots mais aussi des actes. En arriver ainsi à la signification profonde de la Torah, à sa source-même jaillissant des profondeurs de notre être, c'est donc changer complètement de point de vue sur elle : elle n'est que ce qui nous permet d'atteindre à notre vraie nature, et c'est ce qui permet à Jésus de dire aussi "Venez à moi vous tous qui peinez, qui êtes chargés, et moi, je vous reposerai. (...) Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger" (Matthieu 11, 28.30).

Cela peut sembler paradoxal, vu de l'extérieur, quand nous avons suivi la série des "Vous avez entendu qu'il a été dit... or moi je vous dis...", où les préceptes recommandés par Jésus étaient à chaque fois plus exigeants que ceux de la Torah écrite ; mais ça, c'est justement le point de vue extérieur ! c'est uniquement quand on en reste à cette approche de la Torah comme d'un ensemble de lois auxquelles on se sent plus ou moins contraints, sans les comprendre intérieurement. Alors que, une fois qu'on eu l'occasion et le temps (et la grâce ?) de les digérer et assimiler, alors on peut en arriver à "Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat" (Marc 2, 27), ou encore à "Aime et fais ce que tu veux" (Saint Augustin).

 

 

Ce n'est pas tout homme qui me dit :
    "Seigneur ! Seigneur !"
    qui entrera au royaume des cieux,
mais celui qui fait
    la volonté de mon père qui est dans les cieux ;
beaucoup me diront en ce jour-là :
    "Seigneur ! Seigneur !
n'est-ce pas en ton nom
    que nous avons prophétisé,
et en ton nom
    que nous avons jeté dehors les démons,
et en ton nom
    que nous avons fait beaucoup de miracles ?"
et alors je leur déclarerai :
"Jamais je ne vous ai connus,
    séparez-vous de moi, vous qui œuvrez l'iniquité !"
    
Aussi, quiconque entend ces paroles miennes
    et les fait,
ressemblera à un homme avisé
    qui a bâti sa maison sur le rocher,
et la pluie est tombée,
    et les torrents sont venus,
    et les vents ont soufflé et ont fondu sur cette maison,
mais elle ne s'est pas effondrée,
    car elle est fondée sur le rocher.
    
Et quiconque entend ces paroles miennes
    et ne les fait pas,
ressemblera à un homme stupide
    qui a bâti sa maison sur le sable,
et la pluie est tombée,
    et les torrents sont venus,
    et les vents ont soufflé et ont fondu sur cette maison,
et elle s'est effondrée,
    et sa chute a été grande. »
    
Et il se trouva, quand Jésus eut achevé ces paroles,
    que les foules étaient étonnées par son enseignement,
car il les enseignait comme ayant autorité,
    et non pas comme leurs scribes.

(Matthieu 7, 21-29)

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