Partage d'évangile quotidien
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On recherche expert des cœurs

Lun. 26 Juin 2023

...petits malins et imposteurs s'abstenir


Comment dire ? D'une part, je ne peux pas savoir exactement, totalement, qui est l'autre, comment il voit le monde, comment il se voit lui-même, qu'est-ce qui fait qu'il agit de telle ou telle façon : je ne peux absolument pas me mettre à sa place. Pour cela, il faudrait que je puisse m'abstraire tout autant totalement, absolument, de ma façon de voir le monde, de me voir moi-même, de ce qui fait que j'agis de telle ou telle façon... Pour cette raison, tout ce que je peux comprendre de l'autre, c'est ce qui nous est commun, ce que nous partageons lui et moi, et partant, si je suis tenté de juger de telle ou telle de ses conduites, cela ne peut être que parce que, de telles conduites sont aussi les miennes.

Après, on dira : oui, mais lui il manifeste une telle conduite beaucoup plus gravement que moi, mais en réalité, ce qui fait que je juge ainsi de la gravité n'est attribuable que, soit à ce que j'ignore de lui, soit à ce que j'ignore être en moi aussi. Soit ce qui le pousse à un comportement semblable au mien mais en plus grave, est dû à des composants de sa façon d'être au monde que nous ne partageons pas, et je ne peux donc pas le juger, soit j'ai moi aussi de tels composants en moi mais que j'ignore encore, et ainsi en le jugeant c'est moi aussi que je juge, sans le savoir.

La société a besoin de mettre des limites aux comportements individuels, pour se protéger elle-même, c'est le rôle des institutions judiciaires. Cette justice-là, si elle n'est pas complètement dévoyée, s'efforcera de comprendre ce qui a motivé les actes qu'elle considère comme répréhensibles, elle va essayer de rentrer dans la tête, dans le cœur, de la personne qui les a commis, mais ce n'est certainement pas pour juger cette personne, ce n'est pas par intérêt pour elle, c'est uniquement pour juger du degré de dangerosité qu'elle peut encore représenter pour la société. La justice "des hommes" ne s'intéresse pas aux hommes qu'elle juge, seulement aux intérêts qu'elle est censée défendre.

Alors qui ? Qui pour s'efforcer de comprendre l'autre au-delà de ce qui n'est pas compréhensible ? Les "psys" ? encore faudrait-il qu'ils sachent dépasser les rails des différentes écoles auxquelles ils se rattachent, qui ne sont en réalité que des lunettes qu'ils se mettent sur le nez, mais qui masquent encore plus leur vue, qui la restreignent, comme si ce qui fait l'essence d'une personne pourra jamais être classifié dans des cases, à la manière des collections de minéraux du minéralogiste, ou des collections de papillons du lépidoptériste !

Les religions, avec leurs expériences séculaires sinon millénaires, prétendent volontiers avoir de telles capacités à comprendre ce qu'est l'être humain, tout être humain,chaque être humain. Mais ce n'est pas une religion, cette abstraction en soi, qui va réellement et concrètement entrer en relation avec une personne, ce sera toujours l'un ou l'autre de ses membres qui le fera, et là, on arrive malheureusement le plus souvent sur cette autre parabole, celle de l'aveugle qui prétend guider d'autres aveugles. C'est-à-dire qu'il y a effectivement dans les religions quelque chose de précieux qui se transmet, mais ce quelque chose dépasse, en réalité, ceux qui y adhèrent.

On en vient alors au seul qui peut vraiment comprendre chacune et chacun, celui ou cela qui connaît mon cœur mieux que moi-même, puisqu'il est moi en moi, et en même temps autre que moi.

 

 

Ne jugez pas,
    pour ne pas être jugés,
car par le jugement
    dont vous jugez
vous serez jugés,
et par la mesure
    dont vous mesurez
il vous sera mesuré.
    
Quoi ! tu remarques la paille
    dans l'œil de ton frère,
et dans ton œil la poutre,
    tu ne la remarques pas !
alors comment peux-tu dire à ton frère :
"laisse-moi ôter la paille
    de ton œil",
mais vois : la poutre
    dans ton œil !
mécréant ! ôte d'abord
    de ton œil la poutre,
et alors tu verras clair
    pour ôter la paille
de l'œil de ton frère.

(Matthieu 7, 1-5)

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