Partage d'évangile quotidien
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Qu'est-ce qu'il fait ?

Mar. 18 Juillet 2023

qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là? Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga. Il a une drôle de tête ce type-là, etc.


Le mot grec que nos évangiles traduisent en français par "miracle" est "dynamis", d'où vient notre "dynamisme". Les miracles, ce sont des manifestations de dynamisme, de force, de puissance. Toute la question étant de comprendre d'où vient ce dynamisme.

Spontanément, sans doute, notamment parce qu'on parle toujours des "miracles de Jésus", des miracles produits ou accomplis par lui, on pense alors que c'est lui qui a été la source de cette puissance, en sorte que, bien que les évangiles ne le disent pas, chacune de ces guérisons qui se produisaient par son intermédiaire devaient le fatiguer, l'obligeant ensuite à reprendre des forces. Nous sommes là avec un Jésus super-héros de chez Marvel. Dans une autre variante, un peu plus réaliste (?), Jésus ne puise pas en lui-même cette énergie mais dans son environnement, dans la nature en somme, ou en Dieu, ainsi il n'est qu'une sorte de conducteur, de réseau d'acheminement et de transmission de ces forces.

Mais ce n'est pas encore vraiment ça qui se produit lorsqu'il y a un "miracle", que ce soit par l'intermédiaire de Jésus ou de qui que ce soit d'autre. L'énergie vient bien de l'environnement, qu'on l'appelle nature ou Dieu, mais elle ne passe pas par le "guérisseur". Cette énergie a toujours été là, disponible pour la personne malade ou infirme, mais quelque chose en cette personne la bloquait, l'empêchait de lui parvenir, et le "miracle" se produit simplement par disparition du blocage.

Ah ! alors Jésus est allé tripatouiller ce blocage dans la personne, avec des extensions invisibles, avec sa pensée, ou en faisant des passes magnétiques, etc. De fait, on nous le décrit procédant parfois à de telles manipulations, mais en réalité ce n'est pas ça non plus qui produit directement la guérison. Il n'y a pas à proprement parler de manipulation, sinon on ne comprendrait pas les cas obtenus par la seule prière à tel saint décédé depuis belle lurette, ou à Marie, etc. Non, le "miracle", c'est la personne elle-même qui l'obtient, en se changeant elle-même. Ce qui ne veut pas dire pour autant que ce soit elle qui le produise ! Elle est bien aidée, pour cela, que ce soit par le "guérisseur" présent en chair et en os, ou présent seulement en esprit. Mais cette aide ne lui vient pas par une action de ce dernier, seulement par son être, par ce qu'il est.

C'est comme un modèle invisible, comme un champ de force, et parce que ce champ de force est sain, quiconque s'harmonise avec ce champ de force devient sain aussi.

Pourquoi alors ces villes, où de telles guérisons se sont produites en nombre, sont-elles restées globalement méfiantes vis-à-vis de Jésus ? Certains disent que Chorazin, Bethsaïde et Capharnaüm auraient été des fiefs pharisiens, nous aurions donc affaire ici à l'habituelle supposée guéguerre entre Jésus et eux. C'est une possibilité. Mais on peut se demander si ce n'est pas plutôt comme une règle inévitable : quand il se produit quelque part des évènements de cette sorte, ils entraînent quelque chose comme une réaction de rejet de la plupart de ceux qui n'en ont pas bénéficié, quelque chose peut-être de très simple comme une forme d'envie voire de jalousie ?

 

 

Alors il commença à fulminer contre les villes
    où la plupart de ses miracles se sont produits,
    parce qu'elles ne s'étaient pas converties :

« Malheur à toi Chorazin,
malheur à toi, Bethsaïde,
parce que si à Tyr et Sidon s'étaient produits
    les miracles qui se sont produits chez vous,
alors depuis longtemps, sous sac et cendre,
    elles se seraient converties !
Seulement je vous dis : pour Tyr et Sidon,
    ce sera plus supportable au jour du jugement,
que pour vous !

Et toi, Capharnaüm,
    ce n'est pas au ciel que tu seras exaltée
    mais aux enfers que tu seras précipitée,
parce que si à Sodome s'étaient produits
    les miracles qui se sont produits chez toi,
    elle serait restée debout jusqu'aujourd'hui !
Seulement je vous dis que, pour le pays de Sodome,
    ce sera plus supportable au jour du jugement,
que pour toi ! »

(Matthieu 11, 20-24)

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