Comme un tout-petit
Qui, passant près d'une poubelle et entendant en sortir des vagissements de nouveau-né, continuerait son chemin comme si de rien n'était ? Quelques uns, peut-être... mais l'immense majorité, sinon tout un chacun, fouillera aussitôt pour trouver le nourrisson et le pressera contre son sein pour le rassurer.
Ce bébé, de son côté, n'avait certainement pas le choix de faire autrement que de crier. Sans aucune défense, sans aucun moyen de faire quoi que ce soit d'autre, il ne pouvait qu'essayer d'attirer l'attention sur sa situation. S'il avait été plus grand, peut-être se serait-il replié sur lui-même, avec le sentiment que personne ne pourrait jamais le comprendre. Mais le tout-petit enfant ne raisonne pas de manière aussi compliquée : il est mal, il crie, il y croit, que ses cris attireront l'attention de quelqu'un ou de quelque chose. Il est vrai qu'il n'a pas non plus le choix, c'est la nature, l'instinct, qui le font agir ainsi.
La foi, c'est exactement ainsi que ça se passe. La foi, c'est cette confiance que nous avons tous, naturellement ; confiance que notre vie a un sens, toujours. D'une certaine manière, on peut dire que la foi n'est rien d'autre que l'instinct de vie. Il est certain que les circonstances peuvent aussi nous faire douter, et il n'y a alors rien à dire, pas de raisonnement qui puisse nous rassurer : l'intellect et le cœur ne sont pas du même ordre.
Ceci ne signifie pas que la foi ne serait qu'une absurdité ! qu'il n'y aurait que les idiots, les benêts, qui puissent y croire encore, qu'elle ne serait que superstitions, poudre de perlimpinpin, opium du peuple. Non, la foi pose des questions, et on peut et doit se les poser, mais il est certain que, fondamentalement, la nier serait du même ordre que de contester que la terre soit capable de supporter notre poids... La foi est un donné en soi, ce que sait intuitivement tout nouveau-né (et même avant sa naissance) ; il n'y a que les très-intelligents (les trop-intelligents ?) qui, éventuellement, viendront à en douter.
Bref : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
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À ce moment-là, Jésus, prenant la parole,
dit :
« Je te glorifie, père,
Seigneur du ciel et de la terre,
parce que tu as caché ces choses
des savants et des intelligents,
et que tu les as révélées aux tout-petits.
Oui, père,
car telle était ta bienveillance.
Tout m'a été confié par mon père,
et nul ne connaît le fils
sinon le père,
personne non plus ne connaît le père,
sinon le fils
et à qui le fils veut le révéler. »
(Matthieu 11, 25-27)

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