À vin nouveau outres neuves
La nature ne contient pas d'exemples d'évolutions progressives : les "chaînons manquants" n'ont jamais été retrouvés pour la bonne raison qu'ils n'existent pas. L'évolution biologique procède toujours par bonds.
S'il y a un lieu sacré sur terre, un lieu où résiderait la transcendance de manière préférentielle, ce ne peut être avant tout qu'en l'être humain. La notion de "lieux saints" n'a pas de sens si elle n'est pas ordonnée à cette réalité première.
Il y a de fait des lieux "chargés" : chargés d'histoire, chargés des pensées des uns et des autres, chargés de leurs espérances, de leurs attentes, chargés de leur reconnaissance, chargés ainsi de certains effets, peut-être non mesurables par des instruments, mais qui peuvent quand même avoir de l'effet, agir, être ressentis. Le problème, cependant, avec ce genre de lieux et d'effets possibles, c'est qu'ils vont tendre à maintenir une ambiguïté : la transcendance va alors être associée à ce lieu, et sera donc encore considérée comme extérieure à soi.
Dans l'évangile de Jean, dans l'entretien avec la Samaritaine, Jésus affirme que ce ne sera plus ni dans le Temple de Jérusalem ni dans celui du mont Garizim qu'on adorera Dieu, mais "en esprit et en vérité". Ceci signifie bien la même chose, que le lieu premier de sa présence, c'est en nous, en chacun de nous.
On aimerait bien suivre Matthieu quand il affirme, au début de son sermon sur la montagne, que Jésus n'est pas venu abolir quoi que ce soit de l'alliance première, que pas un 'i' ni même un seul accent n'en seront laissés de côté, ou encore ici quand il parle des choses anciennes. Mais cela semble quand même contradictoire : comment envisager un judaïsme qui renoncerait au rôle de Jérusalem ? au-delà de Jérusalem, à la terre promise ? au-delà de la terre promise, à son rôle de peuple élu ?
La nature ne contient pas d'exemples d'évolutions progressives : les "chaînons manquants" n'ont jamais été retrouvés pour la bonne raison qu'ils n'existent pas. L'évolution biologique procède toujours par bonds. Il semble qu'il en soit de même dans le domaine spirituel : les formes anciennes n'ont pas été inutiles, mais ne peuvent être conservées entièrement telles quelles.
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« Le royaume des cieux est encore semblable à :
une senne avait été jetée dans la mer
et en avait rassemblé de toute race ;
quand elle fut remplie,
ils la remontèrent sur le rivage
et ils s'assirent, et ils ramassèrent les beaux dans des casiers
et les pourris ils les rejetèrent au-dehors.
Ainsi en sera-t-il à l'achèvement de cette ère :
les anges sortiront
et ils sépareront les mauvais du milieu des justes
et ils les jetteront dans la fournaise du feu ;
là seront le pleur
et le grincement des dents.
Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui disent : « Oui. »
Alors il leur dit :
« C'est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des cieux est semblable à :
un homme, un chef de famille,
qui tire de son trésor
choses neuves et choses anciennes. »
Et alors, quand Jésus eut achevé ces comparaisons,
il s'éloigna de là.
(Matthieu 13, 47-53)

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