Partage d'évangile quotidien
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Tout reçu, tout donner

Mer. 2 Août 2023

Il y a deux sortes de dieux : il y a d'une part les dieux des religions, et d'autre part le Dieu des spirituels.

Les dieux des religions sont ceux pour lesquels leurs adeptes seront prêts à tuer s'ils estiment que leur dieu est menacé, qu'on lui manque de respect, qu'on le "blasphème" comme ils disent. Ces dieux-là sont toujours aussi censés être tout-puissants, à tout le moins redoutables : on les craint, si on ne leur obéit pas il va nous arriver de gros problèmes. S'ils nous disent qu'on doit tuer les mécréants, on a donc intérêt à le faire. Ce faisant, on ne pense même pas que, si le dieu a besoin que ce soit nous qui défendions ses intérêts, c'est qu'il n'est pas si puissant que ça... Ces dieux-là fonctionnent à peu près comme des parrains de la mafia !

Le Dieu des spirituel est à l'opposé de ces dieux-là. Pour ce Dieu-ci, si on se trouve face à l'alternative tuer ou se laisser tuer, on choisira le second terme. Ce n'est pas qu'on soit suicidaire, on aime cette vie et tous les bonheurs qu'elle peut nous donner, malgré toutes les horreurs dont elle peut aussi être remplie, mais justement : il n'est pas question qu'on ajoute des horreurs de plus à celles qui prolifèrent déjà malgré nous.

Il n'y a pas à proprement parler de barrière étanche entre les dieux des religions et le Dieu des spirituels. À la base des religions, il y a toujours une expérience du Dieu des spirituels, mais cette expérience se fossilise, s'ossifie : la religion s'organise, se définit des dogmes, instaure une hiérarchie, et forcément tout cet appareil va tendre à vouloir prioritairement perdurer. C'est le moyen qui va inéluctablement passer premier, avant sa raison d'être.

Reste alors ce seul critère : le Dieu auquel j'adhère est-il celui-là, auquel je serai prêt à sacrifier l'univers entier, à le mettre à feu et à sang, ou celui-ci, pour lequel je serai prêt à donner tout ce que je possède, jusque y compris ma propre vie ?

 

 

Le royaume des cieux est semblable à :

    un trésor avait été caché dans le champ,
un homme le trouva et le cacha,
    et dans sa joie il va et il vend tout ce qu'il a
et il achète ce champ.

Le royaume des cieux est encore semblable à :

    un commerçant cherchait de belles perles,
ayant trouvé une perle très précieuse,
    il s'en alla, réalisa tout ce qu'il avait,
et il l'acheta.

(Matthieu 13, 44-46)

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