Partage d'évangile quotidien
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Ils étaient stupéfiés

Mar. 5 Septembre 2023

Sa parole était pleine d'autorité : de quelle "autorité" s'agit-il ? celle du chef, de l'adjudant, du patron, qui dit que c'est comme ça et pas autrement parce que c'est comme ça, et à laquelle on doit obéir, même ou surtout si on n'y comprend rien ? Non, évidemment. En premier, on doit comprendre que c'est Jésus qui en est l'"auteur", elle vient de lui, elle est originale, pas comme celle des "scribes et pharisiens" dont on a l'impression qu'elle n'est qu'une rengaine qu'on a déjà entendue cent fois, parce qu'elle ne fait que répéter ce que d'autres ont déjà dit avant, lesquels eux-mêmes répétaient..., etc. Quand on entend Jésus, on est surpris, on ne s'attendait pas à ça, on a l'impression d'entendre enfin quelque chose de nouveau, sur des sujets pourtant cent fois rebattus, rabâchés.

Original, nouveau, ne signifie pas pour autant que ce soit n'importe quoi, c'est fondé, c'est du solide. Le meilleur exemple de ceci est peut-être la controverse avec des pharisiens sur le divorce. Ces derniers, se basant sur la Torah qui "autorise" le divorce lorsque l'épouse est une "source de honte", n'étaient pas d'accord entre eux sur ce que peut signifier "être une source de honte". L'école de Shammaï était sévère, comme toujours, et n'admettait que des motifs graves, tandis que l'école de Hillel, toujours plus libérale, allait jusqu'à accepter la seule raison que le mari ait rencontré une femme qu'il trouvait plus belle que la sienne... Jésus les départage alors en interdisant purement et simplement le divorce !

Mais cette position qu'il prend, il ne la tire pas de son chapeau comme le magicien, il la fonde sur la parole de Dieu lui-même "ils seront une seule chair", qui, en toute rigueur, ne peut qu'avoir plus de force que la parole de Moïse, "auteur" de la clause autorisant le divorce sous condition. L'autorité dont fait montre Jésus, c'est donc en Dieu qu'il la fonde.

Quand Jésus sort une parole comme celle-ci, de l'interdiction du divorce pour quelque raison que ce soit, ou encore quand il affirme qu'il est plus facile de faire passer un câble par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume, ceux qui l'entendent sont atterrés, choqués, abasourdis. C'est tellement contraire à leurs habitudes de pensée ; telle donc est cette autorité dont ils sont stupéfiés. Et c'est simplement cette stupéfaction qui est à l'origine des guérisons qui se produisent par son intermédiaire. Il ne faut peut-être pas trop prendre le dialogue qui nous est rapporté ici entre Jésus et cet esprit d'un démon impur comme si c'était un article du journal !

Cet homme, qui était perturbé, s'est trouvé, paradoxalement (?), remis d'aplomb par cette parole d'autorité, peut-être simplement parce qu'elle correspondait à ce qu'il avait toujours pensé lui-même mais qu'il avait dû réprimer parce que c'était contraire aux usages et à l'opinion commune ? se trouvant alors enfin conforté dans sa vérité, il peut relever la tête. Quoi qu'il en soit, tel est en tout cas le sens le plus juste de ce mot, "autorité", celui de son étymologie : ce qui fait grandir l'autre, parce qu'elle lui permet de s'établir dans sa réalité la plus profonde, la plus essentielle, la plus vraie.

 

 

Et il descendit à Capharnaüm, une ville de Galilée,
    et il les enseignait les sabbats,
et ils étaient stupéfiés par son enseignement
    car pleine d'autorité était sa parole.

Et dans la synagogue il y avait un homme
    qui avait l'esprit d'un démon impur,
    et il cria d'une voix forte :
« Aïe aïe ! Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus le Nazarène ?
    es-tu venu nous faire périr ?
je sais, toi, que tu es le saint de Dieu ! »
    mais Jésus a renchéri en disant :
« La ferme ! et sors loin de lui ! »
et le démon le flanqua au milieu
    et sortit de lui, sans lui avoir nui.

Et ce fut un effroi sur tous
    et ils se parlaient l'un à l'autre en disant :
« Qu'est ce que c'est que cette parole
qui, avec autorité et puissance,
    commande aux esprits impurs ?
et ils sortent ! »

Et il se répandait une rumeur à son sujet
    en tout lieu du pays autour.

(Luc 4, 31-37)

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