Partage d'évangile quotidien
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La merveille que je suis

Sam. 14 Octobre 2023

C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère, je confesse que je suis une vraie merveille, tes œuvres sont prodigieuses : oui, je le reconnais bien.

Je me demande comment je réagirais si on me disait : "Heureux le ventre qui t'a porté et les seins que tu as tétés !" ? Est-ce que je vais me sentir flatté de ce compliment indirect, puisque, dire heureuse ma mère de m'avoir mis.e au monde, c'est quand même sous-entendre que je suis une personne exceptionnelle ? Peux-t-on alors imaginer Jésus, l'homme Jésus, abonder à cette flatterie implicite : "eh oui ! tu as raison, femme, je te suis supérieur, je suis un être humain mais bien supérieur à tout être humain, bien meilleur, c'est moi qui suis le meilleur, le plus bon, de tous les êtres humains" ?

Il me semble, quant à moi qui suis un doux rêveur, qui veut croire à une humanité absolument totale de Jésus, refusant qu'elle ne soit qu'une sorte d'apparence, une imitation, comme un masque, derrière lequel se cachait le Dieu, il me semble, donc, qu'à une telle interpellation, je serais gêné. Flatté, bien sûr, dans un premier temps, mais ensuite gêné. Nous avons tous ce sentiment d'avoir une certaine valeur, de servir à quelque chose, à notre mesure, d'avoir une raison d'exister, et lorsque ce sentiment nous est confirmé par quelqu'un d'autre, forcément, cela nous fait plaisir. Ceci est parfaitement humain.

Après, c'est quand ce sentiment dérive, qu'il s'oriente vers l'idée que notre importance puisse être plus grande que celle de bon nombre de nos sœurs et frères en humanité, que cela se gâte... Dans le fond, c'est sans doute cela qui fait que certains courent indéfiniment, sans limites, vers toujours plus de possessions, toujours plus de pouvoir : parce qu'ils doutent, parce qu'il y a quelque part en eux un doute, une fragilité, ils n'arrivent pas à croire vraiment au simple sens de leur présence dans ce monde. J'existe, cela devrait suffire en soi à justifier que je sois là, avec tous les autres, avec vous tous.

Que serait donc d'autre cette "parole de Dieu" qui nous est adressée, à chacune, à chacun ?

 

 

Or il arriva, pendant qu'il disait cela,
    qu'une femme, de la foule, éleva la voix.
    et lui dit :
« Heureux le ventre qui t'a porté
    et les seins que tu as tétés ! »,

    alors lui, il dit :
    « Surtout,
heureux ceux qui entendent la parole de Dieu
    et la gardent ! »

(Luc 11, 27-28)

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