Comme il vous plaira
Il n'y a rien à faire pour en profiter, c'est donné, c'est cadeau, c'est gratuit : pourquoi refuserions-nous d'en bénéficier ? pourquoi ?
Nous sommes incapables de fabriquer du vivant, nous le bricolons éventuellement pour qu'il serve au mieux nos désirs, mais nous ne savons pas le fabriquer. Nous semons des graines, nous pourrons jouer sur les conditions de leur croissance, pour la favoriser, en arrosant, en sarclant, en binant, en apportant de la fumure, mais la capacité elle-même de croître, jusqu'à donner une belle salade, ou de belles tomates, ou un bel épi de maïs plein de grains bien sucrés, cette capacité, ce n'est pas nous qui l'avons conçue, et encore moins créée. C'est donné, c'est cadeau, c'est gratuit.
C'est pareil pour le Royaume, ou le Règne, de Dieu : il n'y a rien à faire pour en profiter, c'est donné, c'est cadeau, c'est gratuit. Ce que nous pouvons faire, c'est agir en sorte qu'il grandisse en nous et entre nous dans les meilleures conditions possibles, mais que nous y contribuions ou pas, que nous nous en désintéressions ou y apportions toute notre attention et nos soins, de toutes façons il croîtra et portera son fruit. Pourquoi refuserions-nous d'en bénéficier ? pourquoi ?
Peut-être parce qu'il défie nos logiques branlantes, nos fausses évidences ? car ce Royaume, ou ce Règne, n'a rien de ce que nous appelons d'ordinaire sous ces vocables... il y est tellement peu question de force, de ruse, de grandeur, de puissance, que nous passons à côté de lui sans même lui offrir le moindre regard, sans même remarquer sa présence. Car il est bien là, déjà là, bien présent, dans tous les sens du mot, offert, attendant, jusqu'à la fin des temps, s'il le faudra. Lui, a tout son temps.
Lui, le plus petit, le plus discret, l'invisible, et pourtant source et origine, et destin et fin, de tout ce qui est.
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et il disait
« ainsi est le royaume de Dieu
comme un homme qui jette la semence sur la terre
et qu'il dorme et qu'il se lève nuit et jour
et la semence germe et croît
comment il ne sait pas
d'elle-même la terre porte du fruit
d'abord plante puis épi
puis du grain plein l'épi
alors quand le fruit s'offre
aussitôt il envoie la faucille
parce que la moisson est arrivée »
et il disait
« à quoi comparerions-nous le royaume de Dieu ?
ou en quelle parabole le poserions-nous ?
comme une graine de moutarde qui
quand elle a été semée sur terre
est la plus petite
de toutes les semences de sur la terre
mais quand elle a été semée elle croît
et devient plus grande que toutes les plantes potagères
et elle fait de grandes branches
si bien que “sous son ombre
les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid” »
et par beaucoup de telles paraboles
il leur disait la parole
comme ils pouvaient l'entendre
ainsi il ne leur parlait pas sans paraboles
mais à part à ses propres disciples
il expliquait tout
(Marc 4, 26-34)

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