Partage d'évangile quotidien
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Comme un agneau

Jeu. 4 Janvier 2024

Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir : mais pas de masochisme surtout ! juste de l'amour...

"voici l'agneau de Dieu" dit l'un, "nous avons trouvé le messie" disent les autres. Quel rapport y a-t-il entre ces deux désignations ?

Le messie est une figure aux contours relativement flous, mais dans l'ensemble on attend surtout de lui qu'il rétablisse Israël dans sa souveraineté sur "sa" terre. Si on le considère comme un descendant de David, c'est alors évident : c'est en tant que roi, et donc chef militaire, qu'on met ses espoirs en lui. Si on le considère comme le prophète aussi grand que Moïse, c'est encore évident, Moïse étant alors considéré, non tant comme celui qui avait parlé avec et vu YHWH face à face, mais plus comme celui qui avait libéré le peuple hébreu de l'esclavage et l'avait mené jusqu'aux frontières de cette terre, même s'il était décédé juste avant la conquête proprement dite.

L'agneau de Dieu, de son côté, se situe du côté bien moins rigolo ou glorieux du prophète. L'image provient en premier de Jérémie (11, 19) "Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir", et reprise ensuite dans le deuxième Isaïe (53, 7) "Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir". Cette image résume d'une façon très parlante le destin commun à tous les prophètes : celui d'être plus ou moins rejeté, en butte à l'inertie et la mauvaise volonté, on n'accepte pas ce qu'ils disent, ou pour le moins on y rechigne, car aimer son prochain jusqu'aux plus petits nécessite toujours un effort pour sortir de notre égoïsme.

Les chrétiens ont bien assimilé que Jésus avait été cet agneau mené à l'abattoir, et ils l'ont suffisamment — en fait au-delà de tout excès — reproché au judaïsme, mais au fond, en formulant ce reproche, c'est eux-mêmes qu'ils condamnaient, montrant qu'ils n'avaient pas du tout compris le sens de cette mort. Jésus est mort pour montrer l'exemple, pour accomplir en actes ce qu'il prêchait en mots, l'amour victorieux de cet égoïsme premier, originel, en nous, l'amour qui va jusqu'à donner sa vie s'il le faut.

Ce n'est pas par cette mort en elle-même que cet agneau de Dieu "enlève le péché du monde", cet agneau n'est pas comme le bouc émissaire qu'on chargeait symboliquement une fois l'an de tous les péchés du peuple et qu'on envoyait périr dans le désert... Non, c'est seulement par l'exemple qu'il nous a donné ainsi que Jésus a été cet agneau. Il nous reste chacun.e à suivre cet exemple. Nous donner aux autres, mais pas de masochisme surtout ! juste par amour...

 

 

le lendemain
de nouveau Jean se tenait avec deux de ses disciples
    et ayant regardé Jésus qui marchait il dit
« voici l'agneau de Dieu »
et les deux disciples l'entendirent parler
    et suivirent Jésus

alors Jésus s'étant retourné et les ayant vus qui suivaient
    leur dit « que cherchez-vous ? »
    et eux lui dirent
« rabbi (ce qui, traduit, veut dire : maître)
    où demeures-tu ? »
    il leur dit « venez et vous verrez »
ils vinrent donc et virent où il demeurait
    et ils demeurèrent avec lui ce jour-là,
c'était environ la dixième heure
    
André, le frère de Simon-Pierre,
    était un des deux qui avaient entendu Jean
    et qui l'avaient suivi,
celui-là trouve d'abord son frère Simon
    et il lui dit
« nous avons trouvé le messie (ce qui, traduit, est : christ) » ;
    il l'amène à Jésus,
    l'ayant regardé Jésus dit
« toi tu es Simon le fils de Jean,
    toi tu sera appelé Kephas (ce qui se traduit : Pierre) »

(Jean 1, 35-42)

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