Partage d'évangile quotidien
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Il n'y avait pas encore d'Esprit

Sam. 16 Mars 2024

Il est aussi difficile de douter, historiquement parlant, de la "venue de l'Esprit" dans les premiers temps de ce qui allait devenir le christianisme, que de douter, toujours historiquement parlant, de l'existence de Jésus.

"Il n'y avait pas encore d'Esprit parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié" : il est évident que cette formulation est une façon de parler ! L'Esprit, c'est l'Esprit de Dieu, il existe depuis que Dieu existe, tout comme la Parole (le Verbe) de Dieu existe aussi depuis que Dieu existe. L'Esprit comme la Parole de Dieu sont des propriétés de Dieu, on ne peut vraiment pas faire d'elles trois (Dieu, la Parole de Dieu, l'Esprit de Dieu) entités indépendantes, trois "personnes", comme le dit malheureusement le dogme, parce qu'on a gardé le vieux mot latin "persona", lequel signifiait des aspects, comme des "masques", de Dieu, et non pas du tout des "personnes" comme le signifie le mot pour nous aujourd'hui !

Il y avait donc bien déjà l'Esprit à l'époque de Jésus comme de tout temps, cet Esprit qui était dit planer à la surface de l'abîme, du néant (les "eaux"), avant même la création, cet Esprit qui s'empare des prophètes, qui inspire toute personne, de tous temps, et donc y compris Jésus. Ce que veut dire la formule "la venue de l'Esprit", c'est qu'il y a eu un moment, après la mort de Jésus, où un grand nombre de ceux qui avaient été ses disciples, se sont mis à vivre de l'Esprit de la même façon que lui, dans cette relation personnelle et directe à Dieu, au "Père". Dire que le Père et lui sont un, c'est la même chose que de dire qu'il était plein de l'Esprit à en déborder comme d'un fleuve d'eau vive...

Il est aussi difficile de douter, historiquement parlant, de cette "venue de l'Esprit" dans les premiers temps de ce qui allait devenir le christianisme, que de douter, toujours historiquement parlant, de l'existence de Jésus. Il n'est pas possible que cet évangile de Jean en parle ainsi, en ces termes, sans que ce ne soit un témoignage de ce qu'ont vécu et vivaient effectivement, eux aussi, non seulement l'auteur principal mais encore la communauté qui l'entourait. Et ce qui apparaît ainsi clairement dans cet évangile-ci, vaut aussi pour les autres évangiles, même si à des degrés moindres, ou pour le moins formulé autrement. Le témoignage de l'expérience mystique de Jésus est nécessairement un témoignage aussi de l'expérience mystique de ceux qui la rapportent.

Voici donc ce à quoi invite, finalement et le plus profondément, Jésus. Pas seulement lui, bien sûr, mais lui aussi : bien au-delà d'une morale — à ne pas négliger pour autant —, bien au-delà de rites communautaires qui rassemblent pour former communauté — qui ont cependant aussi tout leur sens et leur valeur —, à se laisser aussi, chacune et chacun, immerger dans ces fleuves d'eau vive, emporter dans cette vie d'intimité divine qui est notre véritable tant origine que destinée, bien au-delà de notre nature seulement animale. C'est ce que résumaient les premiers "pères" de l'Église dans la formule bien connue "Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu", ou encore "Dieu est le plus intime du plus intime de nous-même" : qui pourrait dire ça sans l'avoir vécu, sans le vivre ?

 

 

alors de la foule beaucoup crurent en lui
    et ils disaient
« le messie quand il viendra ne fera pas plus de signes
    que celui-ci n'en a faits »
les pharisiens entendirent la foule
    répandre cela à son sujet
et les grands prêtres et les pharisiens
    envoyèrent des gardes pour l'arrêter

    Jésus dit alors
« je suis encore un peu de temps avec vous
    puis je vais vers celui qui m'a envoyé
vous me chercherez et ne me trouverez pas
    et où je suis, moi, vous ne pouvez venir »
    aussi les Judéens se dirent les uns aux autres
« où va-t-il aller celui-là
    que nous ne le trouvions pas ?
ne va-il pas aller dans la diaspora des Grecs
    et enseigner les Grecs ?
    quelle est cette parole qu'il a dite
"vous me chercherez et ne me trouverez pas
et où je suis, moi, vous ne pouvez venir" ? »
    
puis au dernier jour, le grand, de la fête
    Jésus se tint debout et cria en disant
« si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et boive
lui qui croit en moi
    comme a dit l'Écriture
"des fleuves d'eau vive de son ventre couleront" »
— il dit cela au sujet de l'Esprit qu'allaient recevoir
    ceux qui auraient cru en lui,
car il n'y avait pas encore d'Esprit
    parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié

aussi ceux de la foule
    qui avaient entendu ces paroles disaient
« celui-ci est vraiment le prophète »
    d'autres disaient :
« celui-ci est le messie »
    mais d'autres disaient
« ce serait alors de Galilée que le messie viendrait ?
    l'Écriture ne dit-elle pas
que c'est de la semence de David
    et de Bethléem le village d'où était David
que vient le messie ? »
par conséquent une scission survint parmi la foule à cause de lui
et certains d'entre eux voulaient l'arrêter
    mais personne ne porta les mains sur lui

les gardes vinrent donc
    vers les grands prêtres et les pharisiens
    qui leur dirent
« pourquoi ne l'avez-vous pas amené ? »
    les gardes répondent :
« jamais un homme n'a parlé ainsi ! »
    aussi les pharisiens leur répondirent
« est-ce que vous aussi n'avez pas été égarés ?
aucun des chefs n'a cru en lui
    ni des pharisiens
mais cette foule qui ne connaît pas la loi
    ce sont des maudits ! »

Nicodème – celui qui était venu à lui auparavant
    il était l'un d'entre eux —  leur dit
« notre loi juge-t-elle un homme
sans l'avoir entendu d'abord
    et connu ce qu'il fait ? »
    ils répondirent et lui dirent
« et est-ce que toi tu ne serais pas de la Galilée ?
scrute et vois
    que de la Galilée il ne surgit pas de prophète ! »
    
et ils s'en allèrent chacun dans sa maison

(Jean 7, 31-53)

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