Le premier de la semaine
Même pour sa résurrection, Jésus était dépendant de celui qu'il appelait le Père ; c'est Dieu qui l'a ressuscité et non pas lui-même qui s'est ressuscité : Jésus et Dieu, ce n'est pas la même chose...
Dans le vocabulaire qui parle de la résurrection, il y a deux verbes principaux qui sont utilisés : réveiller et relever. Bien sûr la mort n'est pas la même chose que le sommeil, le réveil dont il est question n'est pas le même, mais par analogie il s'agit ici aussi de reprendre conscience après une période où elle avait supposément disparu, et suite à quoi le mort ressuscité pourra commencer à agir, se relever de l'horizontale, marcher, etc. Deux étapes donc : retour de la conscience d'abord, puis action ensuite.
Dans les textes, la première étape, le retour de la conscience, se trouve toujours à ce qu'on appelle la voie passive, il est toujours dit que Jésus "a été réveillé" et non pas "s'est réveillé" lui-même ; il a été réveillé : autrement dit c'est Dieu qui l'a réveillé, ce n'est pas lui, Jésus, qui l'a fait. Ensuite, oui, une fois revenu à la conscience, c'est lui-même qui se relève. Cette distinction est intéressante et importante, elle dit que, pour les premiers témoins, même pour sa résurrection, Jésus était dépendant de celui qu'il appelait le Père, c'est Dieu qui l'a ressuscité et non pas lui-même qui s'est ressuscité : Jésus et Dieu, ce n'était pas encore la même chose, il n'y avait pas encore identification entre les deux.
Autre point fort au travers des évangiles : ce sont des femmes qui ont les premiers rôles dans la révélation de cette résurrection. Cela pose d'ailleurs des problèmes, parce que légalement, au regard de la loi juive, le témoignage de femmes n'a pas de valeur, il va donc falloir à chaque fois que des hommes constatent ce qu'ont constaté les femmes en premier, pour que ce qu'elles disent soit accepté... Ironiquement ? il y a là comme une confirmation posthume de l'attitude qu'avait eue Jésus de son vivant vis-à-vis d'elles, comme vis-à-vis des enfants aussi, refusant de les considérer comme des sous-hommes. Un être humain est un être humain, quel que soit son sexe, son âge, sa condition sociale, la couleur de sa peau, sa religion même.
Autre constante, enfin : parmi ces femmes aux premières loges, c'est toujours Marie la Magdaléenne qui est citée en premier. Sans verser dans les fictions de mariage et d'enfants cachés (et pourquoi pas sur le principe, mais il n'y en a en tout cas absolument aucune trace dans les écrits les plus anciens), il n'est pas interdit pour autant de penser à une amitié privilégiée entre ces deux-là. S'il y a eu un "disciple que Jésus aimait", un préféré donc, pourquoi n'y aurait-il pas eu aussi une "femme que Jésus aimait", une préférée ?
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alors après shabbat
le premier jour de la semaine commençant à briller
vinrent Marie la Magdaléenne
et l'autre Marie
pour voir le tombeau
et voici survint un grand séisme
car un ange du Seigneur étant descendu du ciel
et s'étant approché roula la pierre
et il était assis sur elle
et son aspect était comme un éclair
et son vêtement blanc comme de la neige
alors de peur devant lui
les gardiens furent séismés
et devinrent comme morts
puis répondant l'ange a dit aux femmes
« vous n'ayez pas peur
car je sais que vous cherchez Jésus
celui qui avait été crucifié
il n'est pas ici
car il a été réveillé comme il avait dit
venez ! voyez ! le lieu où il était posé
et vite allez et dites à ses disciples
"il a été réveillé d'entre les morts
et voici il vous précède en Galilée
là vous le verrez"
voilà je vous ai dit »
et vite étant parties du tombeau
avec crainte et grande joie
elles coururent annoncer à ses disciples
et voici Jésus les rencontra
disant « Shalom ! »
et s'étant approchées
elles lui saisirent les pieds
et se prosternèrent devant lui
alors Jésus leur dit
« ne craignez pas !
allez ! annoncez à mes frères
qu'ils aillent en Galilée
et là ils me verront »
comme elles allaient
voici, certains de la garde étant venus dans la ville
annoncèrent aux chefs des prêtres
tout ce qui était arrivé
et s'étant rassemblés avec les anciens
et ayant tenu conseil
ils donnèrent suffisamment d'argent aux soldats
en disant
« dites que ses disciples étant venus de nuit
l'ont volé pendant que nous étions endormis
et si ceci était entendu par le gouverneur
nous le convaincrions
et vous ne seriez pas inquiétés »
alors ayant pris l'argent
ils firent comme on leur avait expliqué
et cette parole s'est répandue parmi les Judéens
jusqu'à ce jour
(Matthieu 28, 1-15)

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