Partage d'évangile quotidien
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Non pas comme le monde

Mar. 30 Avril 2024

Dans les moments qui vont suivre, ils vont être terrorisés, ils vont s'enfuir, se cacher, se terrer, là où ils espèrent être à l'abri, protégés, qu'on ne viendra pas les y chercher pour leur faire subir le même sort

La paix : il est certain que ce n'est pas ce qu'ils vont ressentir dans les moments qui vont suivre, c'est le contraire, ils vont être terrorisés, ils vont s'enfuir, se cacher, se terrer, revenir dans cette pièce où est censée se tenir ce discours, chez celui qui les y héberge, le disciple que Jésus aimait, ce notable haut placé, de la famille du grand prêtre Hanne ; là, ils espèrent être à l'abri, protégés, qu'on ne viendra pas les y chercher pour leur faire subir le même sort que leur maître. Et puis ils seront perdus, ils avaient cru que Jésus était le messie attendu, ils avaient cru qu'il chasserait les romains, délivrerait Israël, et voici que c'est l'inverse, ce sont les romains qui l'exécutent, tout est fini, ils se sont trompés, ils se sont laissé abuser, il les a roulés, trois ans qu'ils le suivent, qu'ils ont tout laissé, femmes, enfants, travail, amis, et tout ça pour rien...

La paix : non, ce n'est pas pour tout de suite. Mais plus tard, plus tard quand ils vont pouvoir à leur tour entrer dans cette même expérience dont il leur parlait, cette présence de l'Esprit en eux comme étant leur être véritable et le plus intime, Dieu au plus près comme un Père ou une Mère attentionnés et prévenants, alors là, oui, la paix sera au rendez-vous. Non pas la paix de ceux qui ne pensent qu'à eux-mêmes, au contraire, l'état du monde les déchirera comme il a déchiré leur maître, mais la paix pour eux-mêmes, pour leur propre petite personne, la paix de ceux qui sont tout donnés, parce qu'ils savent qu'ils n'ont rien à perdre, parce qu'ils n'ont effectivement rien à perdre, ils sont libres, rien ne les enchaîne personnellement, que pourrait-il leur arriver, à eux ?

Levez-vous, partons d'ici : oui, pour l'instant, dans l'immédiat, il est temps, il est venu le temps, le temps du grand passage, le temps de la grande épreuve, l'instant de vérité ; pour eux surtout... Jean décrit en effet un Jésus qui va au supplice comme pour une promenade de santé, il gomme toute notion de doute, de souffrance même, pas de sueur de sang à Gethsémani, pas de chute sur le chemin en portant la croix, et si, une fois cloué, il dit "j'ai soif", c'est uniquement "pour que soit accomplie l'Écriture". Le Jésus de Jean est presque un robot, une machine indestructible, on n'a pas l'impression qu'il est soumis à un supplice ; est-ce dans l'intention d'illustrer la profondeur de cette paix dont ils devraient hériter bientôt ?

pourvu, du moins, qu'ils arrivent à dépasser leur désillusion...

 

 

la paix, je vous la laisse
la paix, la mienne, je vous la donne
    moi je vous la donne, mais pas comme le monde la donne
que votre cœur ne soit pas agité ni ne s'effraie !
vous avez entendu que je vous ai dit
    "je m'en vais et je reviens vers vous"
si vous m'aimez vous vous réjouirez
    que j'aille vers le Père
car le Père est plus grand que moi

et je vous ai parlé maintenant avant que cela se produise
    afin que quand cela se sera produit vous croyiez

je ne parlerai plus beaucoup avec vous
car il vient le chef de ce monde et en moi il n'a rien
mais c'est afin que le monde connaisse
    que j'aime le Père
et comme il m'a commandé le Père
    ainsi je fais

levez-vous ! partons d'ici !

(Jean 14, 27-31)

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