Partage d'évangile quotidien
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Un autre secours...

Lun. 29 Avril 2024

...que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure près de vous et qu'il sera en vous, et vous vivrez vous aussi.

Luc est le seul à parler d'une venue de l'Esprit Saint à la Pentecôte, cinquante jours après Pâques. Chez Jean (20, 22) ils le reçoivent dès le soir de la résurrection : "il souffle et leur dit : recevez l'Esprit saint", quant à Matthieu et Marc, ils ne parlent même pas d'une venue de l'Esprit... Cette venue de l'Esprit semble un quasi-synonyme de la présence de Jésus sous une autre forme. Matthieu (28, 20) lui fait dire : "Moi, je suis avec vous jusqu'à la fin des temps". De même chez Marc, "le Seigneur (Jésus) coopère", sans parler de Jean (21, 19.22) où il invite Pierre à le suivre.

Jésus, tout du long de son ministère, a plaidé pour une conception de Dieu révolutionnaire par rapport à celle qu'il avait reçue dans son enfance. Révolutionnaire ne voulait cependant pas dire pour lui que c'était un autre Dieu, mais que ce même Dieu lui avait révélé un visage de lui-même beaucoup plus essentiel que l'image que s'en était fait le judaïsme au fil des siècles. Il faut être clair : Jésus n'envisageait certainement pas de créer une nouvelle religion, son idée était certainement de seulement la réformer. Mais était-ce possible ?

Il y a trop d'indices dans les évangiles que la conception de Dieu que défendait Jésus voulait atteindre à l'universel, parfois à sa propre surprise. En refusant déjà tout rôle politico-militaire, il renonçait obligatoirement par là-même à toute notion d'enracinement géographique en un lieu précis sur terre, donc à la notion même de terre promise, à laquelle ses coreligionnaires étaient viscéralement attachés. C'est, entre autres pour cette raison, qu'il n'a pas vu d'autre issue pour lui que de se laisser mettre à mort, pour donner une chance à ses disciples de renoncer eux aussi à cette vision trop étriquée d'un Dieu ethnique.

La venue de l'Esprit, c'est cela, c'est quand, une fois dépassé le choc de l'anéantissement de tous leurs rêves d'un messie chef de guerre, ils finissent par entrer eux aussi, comme lui, dans cette relation autre à Dieu. Ils découvrent, eux aussi, ce Père de chaque personne, de toute personne, de toute race, de toute religion même, et présent personnellement en eux, en chacune et chacun d'elles et d'eux. Ils et elles font l'expérience de cette présence. C'est l'Esprit. Mais c'est aussi l'homme Jésus, en ce sens qu'ils comprennent enfin qui il a réellement été, puisqu'ils vivent maintenant la même expérience que lui. Et enfin, on peut dire aussi que c'est ce qu'on appellera plus tard le "Fils", ou la deuxième "personne" de la Trinité, qui est en fait la figure de cette incarnation de Dieu en chaque être humain, ce que Paul appelle pour sa part le corps mystique du Christ.

Faut-il préciser que tout ceci existe aussi dans d'autres religions, même si sous d'autres formes, avec d'autres symboles ?

 

 

si vous m'aimez vous garderez mes commandements
et moi je demanderai au Père
et il vous donnera un autre secours
    afin qu'il soit avec vous pour l'éternité
l'esprit de vérité
    que le monde ne peut recevoir
    parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas
vous, vous le connaissez
parce qu'il demeure près de vous et qu'il sera en vous
    je ne vous laisserai pas orphelins

    je viens à vous
encore un peu et le monde ne me verra plus
    mais vous, vous me verrez car moi je vivrai et que vous vivrez vous aussi
en ce jour-là vous connaîtrez
que je suis en mon Père
    et vous en moi
    et moi en vous

qui a mes commandements et les garde
    c'est celui-là qui m'aime
et qui m'aime sera aimé par mon Père
et moi je l'aimerai et me révélerai moi-même à lui »
    
    Judas, pas l'Iscariote, lui dit
« Seigneur comment se fait-il
que tu va te révéler à nous mais pas au monde ? »
    Jésus répondit et lui dit
« si quelqu'un m'aime il gardera ma parole
et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui
    et nous ferons demeure avec lui
qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles
or la parole que vous entendez n'est pas de moi
    mais du Père qui m'a envoyé

je vous ai dit ces choses demeurant avec vous
mais le secours, l'Esprit saint
    que le Père enverra en mon nom
celui-là vous enseignera toute chose
    et vous mettra en esprit tout ce que je vous ai dit

(Jean 14, 15-26)

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