Dieu personnel contre grand tout impersonnel ?
Tel est du moins un des reproches principaux que font les tenants du monothéisme abrahamique aux spiritualités orientales...
Dans le monothéisme abrahamique en effet, on peut, on est même fortement invité à, s'adresser à YHWH, ou au Père et au Fils et au Saint-Esprit, ou à Allah, de la même façon qu'on parlerait avec son conjoint, ses parents, ses enfants, ses voisins, ses collègues, etc. Bien sûr, dans cette discussion, on n'adoptera sans doute pas tout à fait le même ton, on restera révérent : on ne s'adresse quand même pas à un pote ! mais à part ça, on se représente donc Dieu comme une personne (ou même trois personnes pour les chrétiens ?), à laquelle on peut au moins confier tous les soucis qui nous préoccupent, voire supposer qu'elle les prendra en charge, résoudra nos problèmes, etc. Et finalement, après notre mort, si nous l'avons mérité, nous reprendrons vie et cette fois pour l'éternité ; Dieu ne sera toujours pas notre pote, mais pas loin quand même...
Mais tout ceci suppose qu'on se conçoive comme étant extérieur à ce Dieu, ou qu'on conçoive ce Dieu comme étant extérieur à soi.
Et d'un autre côté il n'y aurait donc place que pour un matérialisme sans esprit : nous ne serions que le produit de forces aveugles sans aucune signification, il n'y aurait juste que le hasard qui aurait présidé à notre engendrement. Nous serions quand même des merveilles, comment en effet ne pas s'émerveiller devant les beautés de l'univers manifesté jusque y compris nous-mêmes ? mais des merveilles sans aucun intérêt au bout du compte, puisque tout ceci finira par simplement retourner au néant et qu'il n'y aura plus personne pour seulement se souvenir de ce qui aura été.
Mais telle n'est pas l'expérience dont témoignent les spiritualités orientales. Pour elles, nous sommes bien des produits de cet univers physique qui tombe sous nos sens, c'est une évidence, et il n'y a pas besoin d'imaginer un Dieu qui serait pur esprit, parce que c'est la matière elle-même qui est spirituelle ; la matière, et l'univers entier, n'est pas quelque chose que le "pur esprit" aurait créé en-dehors de lui ! C'est ce que nous avons aussi scientifiquement découvert avec ce qu'on appelle la dimension quantique de cette matière : nous provenons du "vide" quantique qui est en fait au contraire un plein d'énergie infinie, à la fois au-delà tant de l'espace que du temps de notre univers manifesté, et qui, à la fois, contient cet univers en le dépassant de toute part, et à la fois est présent partout en son sein. Notre univers manifesté est entièrement tissé du "vide" quantique autant extérieurement qu'intérieurement.
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Et la bonne nouvelle qui nous vient donc des spiritualités orientales est que je peux ressentir de tout mon être — physique, sensible, émotionnel, intellectuel, spirituel — ce "vide" quantique, qui est mon origine et mon support et ma destinée, comme une présence chaleureuse permanente et éternelle.
Et peu m'importe alors mon destin lorsque je mourrai, puisque cette Présence, elle, est sans commencement ni fin. Savoir cela suffit à mon bonheur : quel intérêt aurait mon moi individuel en lui-même, hors d'Elle ? et de cela je suis assuré.
Quant à Lui parler, La prier, etc...???
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N.B. : on trouve en fait de tout dans l'hindouisme, y compris bien sûr la voie de la bhakti, centrée sur la dévotion à une divinité ; mais cette dévotion n'y est considérée que comme un moyen provisoire pour apprendre à se détacher de son moi individuel ; puissent donc les dévots du monothéisme abrahamique s'en inspirer eux aussi !

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