Union sacrée
« Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
« Encore une fois, je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »
voir aussi : Modèle communautaire
On peut difficilement se baser sur ce passage pour justifier les schismes et autres condamnations pour hérésie qui jalonnent le parcours des églises. Car, avant qu'il n'y ait séparation, et que les uns et les autres ne se considèrent réciproquement comme "païens et publicains", tous sont de l'unique communauté. Et tous peuvent se réclamer de la présence de Jésus au milieu d'eux, puisque tous sont là, au moins deux ou trois, et réunis en son nom.
Jean a raison, de son côté, de souligner que c'est l'amour des uns pour les autres qui manifeste la présence de Jésus dans son Église. Et l'amour ne saurait se résoudre à trancher les différents par le rejet. Ceci dit, Matthieu ne parle ici que de les considérer comme étrangers ou pécheurs, il ne va pas jusqu'à les vouer au feu éternel.
L'histoire de le séparation des églises est au final, à chaque fois, celle d'une majorité, qui ne se considère comme plus authentique que parce qu'elle est le plus grand nombre, et d'une minorité qui est alors priée d'aller prier ailleurs. Comme si ce n'est pas exactement ce qui est arrivé à la première communauté lorsqu'elle s'est fait expulser du judaïsme. Et comme si la quantité pouvait garantir l'authenticité.

