Le troisième larron
« Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
« D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
« Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude lui demanda : « Seigneur, pour quelle raison vas-tu te manifester à nous, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé.
« Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
voir aussi : Révélations privées, Et un et deux et trois ...
Le voilà ce fameux Esprit : le Défenseur, l'Esprit de Vérité, l'Esprit Saint. C'est le Père qui va l'envoyer, une fois que Jésus s'en sera allé, pourtant il demeure déjà auprès des disciples, en eux même. Bien que ce ne soit pas clairement exprimé ainsi ici, il semble que ce soit par Lui que Jésus sera encore présent au monde une fois monté vers le Père. Et il "enseignera tout, fera souvenir de tout" ce que Jésus a dit.
Je disais ces jours-ci que la foi chrétienne commence généralement par Jésus, le Fils, pour se porter ensuite vers le Père qu'il nous a révélé. L'Esprit reste souvent le grand inconnu, le grand absent, si on excepte les formules toutes faites du catéchisme. Peut-être est-ce par ce rôle d'enseignant que l'on peut le mieux l'appréhender ? Comment se fait-il que, deux millénaires plus tard, nous puissions encore nous soucier de cet obscur Galiléen, que ses paroles, ses actions, puissent encore parler à notre cœur ?
Certes, c'est la tradition, les écrits, les institutions, qui ont transmis ceci. Et souvent à travers de nombreuses vicissitudes, nous en prenons de plus en plus conscience. Mais justement, comment se fait-il que nous puissions nous rendre compte de ces insuffisances ? Qui nous permet, ainsi, d'entretenir une relation vivante avec un homme mort depuis si longtemps ?
C'est un premier élément de réponse. Cependant, nous ne devons pas limiter l'Esprit à la révélation du Fils. Jésus lui-même est entièrement un fruit de l'Esprit. C'est le même Esprit qui "plane sur les eaux" de la création, qui façonne constamment le monde, qui a parlé et parle et parlera par les prophètes. C'est l'Esprit qui initie, et conforte, et fait porter fruits, à toute démarche spirituelle, de quelque religion que ce soit. En ce sens, il est une figure éminemment œuchuménique.
Sacré gaillard, cet Esprit !


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