Partage d'évangile quotidien
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Toi en moi, et moi en eux

Jeu. 20 Mai 2010

Jean 17, 20-26 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. 

« Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. 

« Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde. 

« Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux.  

 

 

Le cantique de Salomon, par He-Qi

 

 

Cette grande prière, dite 'prière sacerdotale' de Jésus, commencée avant-hier et qui se termine aujourd'hui, ne concerne pas les seuls disciples à la veille de la Passion, mais surtout l'Eglise qui va naître, et qui est née au moment où Jean rédige.

Je signalais avant-hier que le contexte, au début de cette prière, était celui de Jésus en train d'effectuer son ascension vers le Père. Aujourd'hui, à la fin de cette prière, le contexte a évolué, Jésus a réalisé son ascension et il est maintenant avec le Père : "que là où je suis, eux aussi soient avec moi (pour eux dans un jour futur), et qu'ils contemplent ma gloire".

Et pour que puisse se réaliser ce voeu de Jésus pour ses disciples et leurs successeurs, nous retrouvons le double mouvement indiqué hier : d'une part incorporation au corps mystique de Jésus, qui est l'Eglise, par l'unité ("qu'ils soient un en nous"), et d'autre part témoignage auprès du monde (" pour que le monde croie"). Et les deux sont inséparables.

S'il n'y a pas unité, c'est qu'on n'est pas en Christ, et on ne s'étonnera pas alors de ne pas porter de fruit dans le monde. Et réciproquement, si on ne porte pas de fruit, on ferait bien de s'interroger si c'est bien Jésus que l'on suit. Mais il y a quand même un ordre : le baptême avant la confirmation, ce n'est qu'en marchant à la suite de Jésus qu'on peut alors de ce fait en témoigner.

De ce point de vue, l'église catholique qui sépare dans le temps, au moins pour les enfants, l'administration des deux sacrements, me semble avoir fait un choix judicieux.

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A
<br /> <br /> Très brièvement, sur le baptême. L'Eglise ancienne ignore absolument la "confirmation", en revanche, elle connaît la chrismation ou onction d'huile sur le "nouvel illuminé".<br /> <br /> <br /> Il n'y a pas, de ce fait, de béance, entre le baptême et la communion : le nouvel accueilli dans l'Eglise est de ce fait baptisé, chrismé, tonsuré et peut dès lors communier. Séparer dans le<br /> temps ces actes pose le problème du sens du baptême : un nouveau baptisé "non encore confirmé" est-il oui ou non pleinement membre de l'Eglise, ou ne l'est-il que "virtuellement" ?<br /> <br /> <br /> Su un plan pédagogique, on peut comprendre ce souhait de dissocier  le baptême du nouveau-né de son entrée "effective" dans l'Eglise, mais cela pose en fait le problème de l'intellectualité<br /> du sacrement. Qu'est-ce qui fait que mon baptême est valide ? Est-ce le fait que je sois en capacité de "comprendre" ses implications, ou le fait que je reçois l'amour du Sauveur ?<br /> <br /> <br /> Autrement dit, l'Eglise est-elle un groupement de gnostiques, d'intellos ? Mais alors, qu'en est-il des handicapés mentaux ? Sont-ils rejetés de Dieu parce qu'ils ont des difficultés à se<br /> déplacer dans les concepts ?<br /> <br /> <br /> De fait l'Eglise orthodoxe considère que dans le Corps du Christ, il y a aussi des orteils, et qu'ils y ont pleinement leur place. Certaines parties de notre corps évoluent visiblement après de<br /> nombreuses années (promis, je ne portais pas la barbe quand j'étais bébé). Toutefois, elles sont parties intégrantes du corps dès le départ. Ainsi donc, chez nous, le nouvel entrant, et quel que<br /> soit son âge, est baptisé, chrismé, tonsuré et communie dans la foulée. Même, il communie le premier ce jour là.<br /> <br /> <br /> Lorsqu'il n'y a pas de baptême, les premiers à communier sont les enfants, et en général en commençant par les plus jeunes : la vie en Dieu n'est pas affaire que de cerveau.<br /> <br /> <br /> Bon, il faut que je file<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> C'est une prière,c'est la dernière prière de Jésus,elle ignore résolument le drame immédiat qui se rapproche de lui.<br /> <br /> <br /> Jésus évacue sa passion,investit dans l'avenir de son enseignement lorsqu'il dit: "Je ne prie pas pour ceux qui sont là,mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront..." .<br /> <br /> <br /> Nous sommes dans le surhumain,le divin suivra de peu.<br /> <br /> <br /> Entendez par surhumain,l'aplomb de Jésus face à une épreuve humainement insurmontable pour le commun des mortels,mais que dans l'absolu un mortel particulièrement héroîque pourrait dédaigner en<br /> crânant.<br /> <br /> <br /> Le divin,c'est la résurection.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
Cher Sagramor, certainement, cette grande prière, dite 'prière sacerdotale' de Jésus, commencée avant-hier et qui se termine aujourd'hui, ne concerne pas les seuls disciples à la veille de la Passion, mais surtout l'Eglise qui va naître, et qui est née au moment où Jean rédige.<br /> Je signalais avant-hier que le contexte, au début de cette prière, était celui de Jésus en train d'effectuer son ascension vers le Père. Aujourd'hui, à la fin de cette prière, le contexte a évolué, Jésus a réalisé son ascension et il est maintenant avec le Père : &quot;que là où je suis, eux aussi soient avec moi (pour eux dans un jour futur), et qu'ils contemplent ma gloire&quot;.<br /> Et pour que puisse se réaliser ce voeu de Jésus pour ses disciples et leurs successeurs, nous retrouvons le double mouvement indiqué hier : d'une part incorporation au corps mystique de Jésus, qui est l'Eglise, par l'unité (&quot;qu'ils soient un en nous&quot;), et d'autre part témoignage auprès du monde (&quot; pour que le monde croie&quot;). Et les deux sont inséparables.<br /> <br /> S'il n'y a pas unité, c'est qu'on n'est pas en Christ, et on ne s'étonnera pas alors de ne pas porter de fruit dans le monde. Et réciproquement, si on ne porte pas de fruit, on ferait bien de s'interroger si c'est bien Jésus que l'on suit. Mais il y a quand même un ordre : le baptême avant la confirmation, ce n'est qu'en marchant à la suite de Jésus qu'on peut alors de ce fait en témoigner.<br /> De ce point de vue, l'église catholique qui sépare dans le temps, au moins pour les enfants, l'administration des deux sacrements, me semble avoir fait un choix judicieux. Qu'en pense notre ami Albocicade ? (Bien que ça n'ait pas de rapport, j'en profite pour signaler que Albocicade vient de publier un excellent travail sur Théophile d'Antioche)