Toi en moi, et moi en eux
« Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
« Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
« Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde.
« Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux.
Cette grande prière, dite 'prière sacerdotale' de Jésus, commencée avant-hier et qui se termine aujourd'hui, ne concerne pas les seuls disciples à la veille de la Passion, mais surtout l'Eglise qui va naître, et qui est née au moment où Jean rédige.
Je signalais avant-hier que le contexte, au début de cette prière, était celui de Jésus en train d'effectuer son ascension vers le Père. Aujourd'hui, à la fin de cette prière, le contexte a évolué, Jésus a réalisé son ascension et il est maintenant avec le Père : "que là où je suis, eux aussi soient avec moi (pour eux dans un jour futur), et qu'ils contemplent ma gloire".
Et pour que puisse se réaliser ce voeu de Jésus pour ses disciples et leurs successeurs, nous retrouvons le double mouvement indiqué hier : d'une part incorporation au corps mystique de Jésus, qui est l'Eglise, par l'unité ("qu'ils soient un en nous"), et d'autre part témoignage auprès du monde (" pour que le monde croie"). Et les deux sont inséparables.
S'il n'y a pas unité, c'est qu'on n'est pas en Christ, et on ne s'étonnera pas alors de ne pas porter de fruit dans le monde. Et réciproquement, si on ne porte pas de fruit, on ferait bien de s'interroger si c'est bien Jésus que l'on suit. Mais il y a quand même un ordre : le baptême avant la confirmation, ce n'est qu'en marchant à la suite de Jésus qu'on peut alors de ce fait en témoigner.
De ce point de vue, l'église catholique qui sépare dans le temps, au moins pour les enfants, l'administration des deux sacrements, me semble avoir fait un choix judicieux.


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