Partage d'évangile quotidien
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Connaissances

Ven. 8 Avril 2011

Jean 7, 2-30 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

La fête juive des Tentes approchait. Alors les frères de Jésus lui dirent : « Ne reste pas ici, va en Judée pour que les disciples que tu as là-bas voient eux aussi les oeuvres que tu fais. On n'agit pas en secret quand on veut être connu. Puisque tu fais de telles choses, manifeste-toi au monde. » (En effet, les frères de Jésus eux-mêmes ne croyaient pas en lui.) 

Jésus leur dit alors : « Pour moi, le moment n'est pas encore venu ; pour vous, c'est toujours le moment favorable. Le monde ne peut pas avoir de haine contre vous ; mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses oeuvres sont mauvaises. Vous autres, montez à la fête ; moi, je ne monte pas à cette fête parce que le moment pour moi n'est pas encore arrivé. » Cela dit, il demeura en Galilée. 

Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. Les Juifs le cherchaient pendant la fête, en disant : « Où est donc cet homme ? » On discutait beaucoup à son sujet dans la foule. Les uns disaient : « C'est un homme de bien. » D'autres répliquaient : « Non, il égare la foule. » Toutefois, personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs. 

La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Dans leur étonnement, les Juifs disaient : « Comment cet homme connaît-il tant de choses sans avoir fait d'études ? » Jésus leur répondit : « Mon enseignement n'est pas le mien : c'est l'enseignement de celui qui m'a envoyé. Celui qui veut faire la volonté de Dieu saura si cet enseignement vient de Dieu, ou si je ne parle qu'en mon nom. Si quelqu'un ne parle qu'en son nom, il cherche sa propre gloire ; mais si quelqu'un cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, il est dans le vrai, et il n'y a en lui rien de mal. N'est-ce pas Moïse qui vous a donné la Loi ? Or, aucun de vous n'agit selon la Loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » 

La foule répondit : « Tu es un possédé. Qui donc cherche à te faire mourir ? » Jésus leur répondit : « Pour une seule oeuvre que j'ai faite, vous voilà tous dans l'étonnement. Moïse vous a prescrit la circoncision (en fait elle ne vient pas de Moïse, mais des patriarches), et vous la pratiquez même le jour du sabbat. Eh bien ! Si le jour du sabbat, un être humain peut recevoir la circoncision afin que la loi de Moïse soit respectée, pourquoi vous mettez-vous en colère contre moi parce que j'ai guéri un être humain tout entier le jour du sabbat ? Ne jugez pas d'après l'apparence, mais selon la justice. » 

Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ? Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. » 

Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. » 

On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue. 

 

 

Le messie, par He-Qi

 

 

voir aussi : D'où je suis

Au nom de quoi effectivement, ou de qui, Jésus se permet-il d'interpréter la Loi en un sens différent de celui communément admis ? C'est d'autant plus choquant qu'on sait bien qu'il n'est pas scribe, qu'il n'a pas suivi le cursus ordinaire de ces spécialistes des Ecritures. Tout au plus en montrait-il une connaissance supérieure à ce que la plupart en retenait par l'écoute hebdomadaire à la synagogue. Peut-être avait-il plus d'aptitudes que d'autres à mémoriser ces passages entendus. Peut-être aussi sa famille avait-elle une pratique religieuse plus élevée que la moyenne. Mais on voit que même ses frères, qui avaient reçu la même éducation, étaient pour le moins réticents à ses innovations.

J'en ai déjà parlé ces jours-ci, Jésus n'était effectivement pas un intellectuel, un savant, spécialiste des textes de bases et du travail permanent de réflexion et de réinterprétation. Son enseignement, il le tirait de sa vie 'mystique', de sa prière, de son contact au coeur à coeur avec celui qu'il appelait son père. C'est le fruit de ce que nous pourrions appeler ses intuitions. Intuitions qui peuvent nous sembler banales de nos jours, après deux mille ans de christianisme, mais qui ne l'étaient vraiment pas à l'époque, comme on peut le voir aux controverses qu'il suscitait : s'attacher à l'esprit et non à la lettre. Le repos du sabbat n'est pas un but en soi, mais le moyen ordinaire par lequel l'homme marque qu'il veut se consacrer à Dieu. La justice, c'est que tout ce qui lui permet de se rapprocher de son créateur est licite ce jour là.

Quand nous parlons ainsi depuis ce qui nous est inspiré, ce n'est plus nous qui parlons, et c'est certainement ce qui dérange le plus. Il y a un décalage entre la personne qui vit dans le monde et celle qui n'en est pas, il y a bousculement des certitudes ancrées dans le sens communément admis. Mais il y a ceux qui ressentent en eux comme un écho à leur propre vie intérieure, au-delà des apparences surprenantes, et il y a ceux qui sont empêchés par la discordance de passer au-delà. C'est l'avenir qui juge alors de la pertinence de la révélation. Celle de Yehoshua ben Joseph a en tout cas été particulièrement féconde.

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