Partage d'évangile quotidien
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D'où je suis

Ven. 19 Mars 2010

Jean 7, 2-30 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

La fête juive des Tentes approchait. Alors les frères de Jésus lui dirent : « Ne reste pas ici, va en Judée pour que les disciples que tu as là-bas voient eux aussi les oeuvres que tu fais. On n'agit pas en secret quand on veut être connu. Puisque tu fais de telles choses, manifeste-toi au monde. » (En effet, les frères de Jésus eux-mêmes ne croyaient pas en lui.) 

Jésus leur dit alors : « Pour moi, le moment n'est pas encore venu ; pour vous, c'est toujours le moment favorable. Le monde ne peut pas avoir de haine contre vous ; mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses oeuvres sont mauvaises. Vous autres, montez à la fête ; moi, je ne monte pas à cette fête parce que le moment pour moi n'est pas encore arrivé. » Cela dit, il demeura en Galilée. 

Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. Les Juifs le cherchaient pendant la fête, en disant : « Où est donc cet homme ? » On discutait beaucoup à son sujet dans la foule. Les uns disaient : « C'est un homme de bien. » D'autres répliquaient : « Non, il égare la foule. » Toutefois, personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs. 

La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Dans leur étonnement, les Juifs disaient : « Comment cet homme connaît-il tant de choses sans avoir fait d'études ? » Jésus leur répondit : « Mon enseignement n'est pas le mien : c'est l'enseignement de celui qui m'a envoyé. Celui qui veut faire la volonté de Dieu saura si cet enseignement vient de Dieu, ou si je ne parle qu'en mon nom. Si quelqu'un ne parle qu'en son nom, il cherche sa propre gloire ; mais si quelqu'un cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, il est dans le vrai, et il n'y a en lui rien de mal. N'est-ce pas Moïse qui vous a donné la Loi ? Or, aucun de vous n'agit selon la Loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » 

La foule répondit : « Tu es un possédé. Qui donc cherche à te faire mourir ? » Jésus leur répondit : « Pour une seule oeuvre que j'ai faite, vous voilà tous dans l'étonnement. Moïse vous a prescrit la circoncision (en fait elle ne vient pas de Moïse, mais des patriarches), et vous la pratiquez même le jour du sabbat. Eh bien ! Si le jour du sabbat, un être humain peut recevoir la circoncision afin que la loi de Moïse soit respectée, pourquoi vous mettez-vous en colère contre moi parce que j'ai guéri un être humain tout entier le jour du sabbat ? Ne jugez pas d'après l'apparence, mais selon la justice. » 

Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ? Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. » 

Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. » 

On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue. 

 

 

Il n'est plus ici, par He-Qi

 

 


Commenter cet évangile

A
<br /> "Ioudaïos" est un de ses mots à géométrie variable, qui prennent leur sens précis en fonction du contexte. Ainsi "Ioudaïos" peut très légitimement être traduit par "Juif", mais tout aussi<br /> légitimement par "Judéen".<br /> (Jésus était donc un "Ioudaïos galiléen"...)<br /> Pour faire un peu plus clair, je prendrais le terme "gaulois".<br />  Selon le contexte, il s'agira de nos bons "ancêtres", à la moustache fournie et aux braies rayées, ou de français (plus ou moins) de souche, par rapport aux "immigrés de fraiche date" (moins<br /> de 3 générations). Par ailleurs, dire de quelqu'un qu'il est un peu "gaulois" indique qu'il fait preuve d'un esprit un peu lourd, ayant quelque peine à s'élever au dessus de la ceinture....<br /> Et seul le contexte permet de comprendre si "allumer une gauloise" signifie "draguer une française" (ou la provoquer), ou "se préparer à fumer une cigarette"...<br /> <br /> <br />
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A
Excellente en tout les cas, la gauloise ...<br /> Merci pour tout, Albocicade !
A
<br /> "Par crainte des Juifs". Cette expression dans (les traductions de) l'Evangile de Jean est toujours surprenante. Pourtant, il s'agit simplement d'un problème de traduction.<br /> Certes, c'est bien le mot "Ioudaïoï" qui est employé, mais c'est une erreur que de le traduire systématiquement  et univoquement par "Juifs".<br /> En effet, Jésus et ses frères (par exemple) sont Juifs aussi... mais Galiléens. L'épisode de ce jour se situe au cours d'un pélerinage de Souccoth, qui draine des Juifs des diverses régions vers<br /> Jérusalem. Les Ioudaïoï sont alors les habitants de Judée, les "Judéens" (terme pour lequel il n'existe pas d'autre équivalent que "Ioudaïoï").<br /> Enfin, un dernier sens est aussi imposé par le texte : les "Ioudaïoï" sont en fait à identifier avec les "chefs", les "Responsables".<br /> Le choix d'un sens plutôt qu'un autre n'est pas toujours aisé, néanmoins ce n'est pas une raison pour pratiquer ce nivelage par le bas qui consiste à rendre systématiquement un mot de la langue<br /> source par un mot de la langue cible, quitte à provoquer des contre-sens du style "les Juifs ont peur des Juifs"<br /> <br /> <br />
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A
Merci Albocicade pour cette importante précision. J'avais déjà eu connaissance que 'juif' pouvait signifier 'judéen', mais je n'avais pas fait le rapprochement avec ces 'juifs' que Jean décrit comme les principaux contradicteurs de Jésus, là où les autres évangélistes mettent plutôt en scène les pharisiens. Effectivement, si on ne tient pas compte de cet élément, on a l'impression d'un évangile qui oppose un Jésus déjà chrétien, avant le christianisme, au judaïsme.<br /> <br /> Pendant qu'on y est, est-ce que 'judéens' pouvait déjà servir à l'époque pour désigner tous les juifs (de palestine seulement quand même, ou même avec la diaspora) ? Ou est-ce qu'il ne désigne toujours que les seuls habitants de la Judée, auquel cas les juifs en général sont sans doute appelés les israéliens ?<br /> C'est vrai que ce serait surprenant que judéen ait pu servir de terme générique pour tous les juifs, un peu comme si on qualifiait tous les français de franciliens sous le prétexte que Paris est en Ile de France ...!