Fonds commun de placement
Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue.
« Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
voir aussi : Investissement à long terme, Renvois d'ascenseur, Le bon pharisien
Toujours ce repas chez un pharisien. On n'a maintenant plus aucun doute, ce repas est bien un prétexte, un cadre littéraire, qui permet à Luc de faire passer plusieurs enseignements à partir de ce thème. Aujourd'hui : la charité.
La motivation principale présentée pour se soucier des plus pauvres, plus malheureux, que soi, est hélas regrettable. Cela ne nous choque peut-être pas immédiatement, après deux mille ans de déformation 'chrétienne', mais encourager à "faire le bien" pour une récompense, comme ici, ou par peur d'une punition, comme en d'autres endroits dans les évangiles, est contraire à la vérité de Jésus, à la vérité de son action personnelle, à la vérité de son enseignement. Jésus n'a pas vécu dans l'attente d'un jugement à venir, qui lui donnerait tort ou raison, et qui manifesterait son triomphe ! Le royaume est en vous !
Et Jésus ne raisonnait pas quand il faisait le bien autour de lui : voyons, cet homme, cette femme, ne pourront pas me rendre ce que je leur donne, ça va me faire des bons points, bientôt une image... Jésus faisait le bien parce qu'il était "ému aux entrailles", point. Et si ce n'est pas notre cas, eh bien, c'est la question que nous devons nous poser : pourquoi suis-je indifférent au malheur de mes frères en humanité ? Suis-je à ce point moi-même accablé de tant de maux et de souffrances, que je ne puisse compatir ? C'est possible. Il est légitime en ce cas que je me soucie de ma propre condition avant celle des autres.
Sinon... alors c'est que j'ai un problème bien plus grave, et ce n'est pas de 'jouer' au bon Samaritain qui fera du bien, ni à moi, ni à ceux que je considère comme 'mes pauvres'. Car ce qui est donné et qui ne vient pas du fond du cœur fait plus de mal qu'autre chose, c'est un profond mépris qui est ainsi signifié, une pitié qui blesse la personne que nous considérons comme nous étant inférieure, indigne de notre attention véritable, de notre considération. Nous lui disons qu'elle ne fait pas vraiment partie de notre humanité !
C'est toujours pareil, on veut mettre la charrue avant les bœufs... On veut remplacer la réalité vivante de l'amour par des règles et des rites. Apprenons d'abord à nous ouvrir, à nous vider de tant de choses qui nous encombrent, à laisser se creuser notre soif de rencontre en vérité. Alors nous ne nous poserons même pas la question : donner ou pas ? Ce ne sera pas du don, ce sera du partage de ce qui nous a été donné, et dans ce partage, nous recevrons au moins autant, nous nous enrichirons mutuellement. Voilà le royaume. Pas demain, ni après-demain, mais dès aujourd'hui !


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