Partage d'évangile quotidien
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Feu de tout bois

Mar. 1 Novembre 2011

Luc 14, 15-24 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » 

Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : 'Venez, maintenant le repas est prêt.' 

« Mais tous se mirent à s'excuser de la même façon. Le premier lui dit : 'J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; je t'en prie, excuse-moi.' Un autre dit : 'J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je pars les essayer ; je t'en prie, excuse-moi.' Un troisième dit : 'Je viens de me marier, et, pour cette raison, je ne peux pas venir.' 

« A son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Plein de colère, le maître de maison dit à son serviteur : 'Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.' 

« Le serviteur revint lui dire : 'Maître, ce que tu as ordonné est fait, et il reste de la place.' Le maître dit alors au serviteur : 'Va sur les routes et dans les sentiers, et insiste pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner.' » 

 

 

Jésus et la Samaritaine, par He-Qi

 

 

voir aussi : Soupe populaire, Notre père Abraham

Nous retrouvons l'antagonisme classique entre les juifs (les convives initialement prévus) et les chrétiens issus du paganisme (les convives destinés à les remplacer). On remarque que cette deuxième vague d'invitations s'est elle-même faite en deux temps : d'abord les pauvres et les malades trouvés "sur les places et dans les rues de la ville", puis tous ceux trouvés "sur les routes et dans les sentiers" de la campagne. Il y a ici une certaine logique : supposant que celui qui invite réside lui-même en ville, on procède par cercles concentriques jusqu'à remplir la maison.

Que tous les invités de secours soient trouvés dehors, sur les voies de circulation, sans entrer dans les maisons, donne à penser qu'ils n'ont sans doute pas de logement. C'est l'opposition traditionnelle entre ceux qui sont établis et ceux qui n'ont rien, même pas un toit où s'abriter pour dormir. On rejoint ainsi l'enseignement de fond de Jésus, son reproche essentiel à ses coreligionnaires, de s'être encroûtés dans des formes extérieures de spiritualité, d'en être venus à se croire possesseurs de Dieu, de sa bénédiction, d'une soit-disant préférence de sa part pour eux.

Nous autres, chrétiens, nous sommes évidemment empressés d'en faire autant, sitôt qu'ils nous ont rejetés. C'était facile de le leur reprocher à ce moment-là, comme dans ce texte. La suite que nous y avons donnée devrait au moins nous aider à nous rapprocher d'eux !

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