Notre père Abraham
En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! »
Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : 'Venez, maintenant le repas est prêt.'
« Mais tous se mirent à s'excuser de la même façon. Le premier lui dit : 'J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; je t'en prie, excuse-moi.' Un autre dit : 'J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je pars les essayer ; je t'en prie, excuse-moi.' Un troisième dit : 'Je viens de me marier, et, pour cette raison, je ne peux pas venir.'
« A son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Plein de colère, le maître de maison dit à son serviteur : 'Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.'
« Le serviteur revint lui dire : 'Maître, ce que tu as ordonné est fait, et il reste de la place.' Le maître dit alors au serviteur : 'Va sur les routes et dans les sentiers, et insiste pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner.' »
Et pan ! sur le nez de tous ceux qui comptent sur leur qualité de fils d'Abraham pour avoir leur ticket d'entrée. Ils l'ont bien reçue, d'ailleurs, leur entrée gratuite ; mais maintenant que l'heure en est arrivée, ils semblent avoir oublié en chemin leur but. Leurs excuses sont bidon : quelle est l'urgence du premier à aller voir son champ ? Il ne va pas disparaître en un jour, ce champ, par défaut de s'être reflété dans la pupille de son nouveau propriétaire ! Et les boeufs du second ne vont pas perdre soudainement tout leur dressage faute d'avoir entendu sa voix ! Quant-au troisième, il ne prend même pas la peine de s'expliquer, il mentionne juste son mariage récent, sans aucune précision.
On n'est pas si mal que ça à vivre comme tout le monde, c'est fatiguant d'être un peuple élu.
Luc est vraiment colère ici. On va chercher tous ceux qui sont habituellement rejetés, tous les malchanceux de la ville ; et, comme ça ne suffit pas, on en rajoutte une couche, on va battre encore toute la campagne alentour, toujours plus loin, jusqu'à ce que la maison soit pleine à craquer, qu'il devienne impossible à l'un des invités initiaux qui se raviserait de se faufiler en catimini pour profiter du repas !
Et nous sommes tous des invités de la première heure ! Sommes-nous prêts ?


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