Légitimité du peuple
Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait : « L'Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas le moyen d'y arriver ; en effet, le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres.
Ce texte est très laconique. La où Jean parle d'un fouet fait par Jésus, et Marc et Matthieu de tables renversées, Luc se contente de mentionner l'"expulsion". L'essentiel pour Luc n'est pas la forme utilisée, mais le résultat : le temple, débarassé de ces 'bandits', peut retrouver sa fonction, Jésus peut y prodiguer son enseignement.
Le lectionnaire à nouveau nous a fait sauter un grand pas. Entre avant-hier, le noble parti se faire couronner (Un maître exigeant) et hier, la lamentation sur Jérusalem (Destruction du temple), il y a eu quand même l'entrée triomphale dans Jérusalem, monté sur un âne (symbole de royauté), acclamé par les foules. Et notre texte d'aujourd'hui est comme le résumé de la situation à la fin du chapître. Dans la foulée de cette entrée à Jérusalem, porté par cette foule, Jésus a poussé son avantage jusqu'au temple, y a fait place nette et l'a investi pour en faire sa base.
Ici, avec l'autorité que lui confère le lieu. Et c'est sans doute ce qui fait le plus rager les scribes et les notables, ce petit rabbi de cette contrée perdue de Galilée est venu les défier jusque dans leur fief, le temple, et a remporté la bataille sans coup férir !
Il faut dire que les foules étaient avec lui à ce moment là.


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