Les chiens aboient ...
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
« En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
« Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
voir aussi : Prophètes de tous les pays ...
Luc est le seul à rapporter une telle hostilité des habitants de Nazareth. Pour Marc et Matthieu, l'épisode s'arrête à la sentence que les prophète sont toujours rejetés de chez eux, puis Jésus sort de la synagogue et s'en va, simplement, sans être autrement inquiété.
Les exemples que choisit Luc pour soutenir l'affirmation initiale sont de plus ambigüs. On pourrait croire que les prophètes d'Israël n'ont jamais accomplis de signes que pour des étrangers, ou que ces signes n'ont jamais été acceptés que par des étrangers, ce qui serait faux, bien sûr. Les deux cas exposés sont en fait plutôt des exceptions, même si ce ne sont pas non plus vraiment les seuls. Ce sont simplement deux cas où Dieu a dû utiliser des étrangers pour arriver à ses fins avec Israël.
Il est vrai, cependant, que tout prophète est forcément dérangeant. Quand tout va bien, Dieu n'a pas besoin d'intervenir ! Luc dramatise donc, sans doute, ici, pour introduire, dès le début du ministère public de Jésus, le thème de son rejet final. En décrivant une telle hostilité, il suggère aussi que la condamnation à mort qui surviendra à la fin de son ministère sera dû à un rejet de la part de l'ensemble d'Israël, et non pas des seuls responsables religieux, comme aujourd'hui, la tentative de meurtre est le fait de toute la population de Nazareth, et non pas seulement de ses notables.
Il est vrai que Luc est le moins judaïsant des quatre évangélistes.


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