Partage d'évangile quotidien
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Les anciens et des modernes

Ven. 3 Septembre 2010

Luc 5, 33-39 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

On disait un jour à Jésus : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! » Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ces jours-là, ils jeûneront. » 

Et il dit pour eux une parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s'accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. 

« Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : 'C'est le vieux qui est bon.' » 

 

 

Les noces de Cana, par He-Qi

 

 

"C'est le vieux qui est le bon" : voilà une assertion finale, propre à Luc, qui surprend. Comment la comprendre ?

Le premier sens, immédiat, ce serait l'affirmation que la position des disciples de Jean et des pharisiens serait la meilleure. Ce serait le contre-pied de toute l'argumentation qui précède. On doit alors imaginer un rédacteur tardif qui introduit cette proposition pour contrebalancer ce qu'il trouverait d'excessif dans l'épisode initial. Cependant, cet hypothétique censeur serait bien malhabile dans sa manière de faire.

Le second sens serait alors celui d'un reproche adressé par Jésus à ses détracteurs : j'ai essayé de vous expliquer, mais de toute façon vous ne pouvez pas comprendre puisque vous avez été élevés et nourris au vin vieux. Ce sens est cohérent avec le reste de l'épisode, mais il s'accorde mal à la tonalité générale de Luc. Luc est l'homme du consensus, du pardon, de l'amour inconditionnel. C'est Luc seul qui fait dire à Jésus sur la croix "Père pardonne-leur ...".

Reste le fond de l'enseignement de Jésus, qui justifie de ne pas s'astreindre à des pratiques de jeûne régulières.

En fait, le mode de vie itinérant de Jésus avec ses disciples devait avoir déjà pour conséquence qu'ils ne mangeaient pas tous les jours à leur faim. Et lorsqu'ils avaient une occasion, comme ici où Lévi vient d'être appelé par Jésus et a offert un festin pour marquer l'événement, ils se rattrapaient. C'est en fait ce comportement qui leur est reproché : de s'empifrer. On pourrait résumer, sur le modèle de "ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin", par "ce sont les trop-nourris qui ont besoin de jeûner".

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