Appétit d'oiseau
Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé ; ses disciples arrachaient et mangeaient des épis, après les avoir froissés dans leurs mains.
Des pharisiens lui dirent : « Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l'offrande, en mangea, et en donna à ses compagnons, alors que les prêtres seuls ont la permission d'en manger. »
Jésus leur disait encore : « Le Fils de l'homme est maître du sabbat. »
Même remarque qu'hier : les disciples de Jésus ne mangeaient sans doute pas tous les jours à leur faim. Qu'à l'occasion, ils profitent de tout ce qui pouvait leur passer à portée de main, on peut le comprendre. Notons bien qu'il ne leur est pas reproché de prendre quelques épis de blés dans un champ qui ne leur appartient pas, mais seulement de le faire un jour de sabbat.
On peut se demander si ce n'est pas la bêtise de ses interlocuteurs qui poussait parfois Jésus à exprimer ses pensées dans des formules dont la radicalité pouvait le surprendre lui-même. La justification de la glane des disciples un jour de sabbat par l'exemple de David et de ses compagnons tiré des écritures se suffisait en elle-même. L'expression que le "Fils de l'homme est maître du sabbat" semble venir comme une révélation reçue à ce moment par Jésus, cohérente avec ce qui précède, mais qui dépasse sans doute ce qu'il avait initialement prévu de dire.
Et remarquons au passage le sous-entendu fait par Jésus sur lui-même comme nouveau David, ce qui a pu l'aider à formuler son assertion radicale sur sa maîtrise du sabbat.


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