Partage d'évangile quotidien
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Des pleins et des déliés

Mer. 7 Septembre 2011

Luc 6, 20-26 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres :le royaume de Dieu est à vous ! Heureux, vous qui avez faim maintenant :vous serez rassasiés !Heureux, vous qui pleurez maintenant :vous rirez ! Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssentet vous repoussent,quand ils insultentet rejettent votre nom comme méprisable,à cause du Fils de l'homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie,car votre récompense est grande dans le ciel :c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. 

« Mais malheureux, vous les riches :vous avez votre consolation ! Malheureux, vous qui êtes repus maintenant :vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant :vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Malheureux êtes-vousquand tous les hommes disent du bien de vous :c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. » 

 

 

Le fils prodigue, par He-Qi

 

 

voir aussi : On change !

La version de Luc des 'béatitudes' est plus courte que celle de Matthieu. Si on tient compte de plus de ce que le "Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent ..." est certainement postérieur à Jésus (le 'nom' des chrétiens ne leur a été attribué que bien après sa mort), il ne reste que trois formules que l'on puisse considérer avec quelque chance comme historiques. L'autre spécificité de Luc par rapport à Matthieu que sont les malédictions est sans doute aussi historique : ce balancement heureux/malheureux est typiquement hébraïque.

"Heureux les pauvres" résume à lui seul tous les autres, c'est l'assertion principale : ceux qui sont en manque sont heureux. Ce manque peut ensuite être décliné selon les domaines, matériel pour la faim, sentimental pour les pleurs, etc... Le manque est bénéfique parce que celui qui le ressent est susceptible d'évoluer, capable d'espérer autre chose que sa condition. Au contraire, ceux qui ne manquent de rien n'ont plus d'autre horizon que d'accumuler toujours plus. Nous connaissons bien ce travers de la société de consommation, cette course à toujours plus d'avoir, cet acharnement à rire de tout, s'étourdir dans une légèreté confinant au vide abyssal du sens.

Avons-nous encore une petite place en nous pour le tout autre ? Sommes-nous capables de Dieu ? Le royaume est là, simplement.

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