Penser d'abord à soi
Il leur dit encore en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître.
« Qu'as-tu à regarder la paille dans l'oeil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton oeil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton oeil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton oeil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'oeil de ton frère. »
voir aussi : Jugement éclairé
Le disciple bien formé, ce n'est pas celui qui imite servilement son maître. Le bon disciple n'est pas un esclave, il ne peut pas se contenter de reproduire ce qu'il a vu faire. Le bon disciple est celui qui va faire preuve de son génie propre dans la voie ouverte par son prédécesseur. Il doit faire usage de son 'je' pour apporter lui aussi, à son tour, quelque chose au monde.
Le christianisme qui place Jésus sur un piédestal jamais atteignable, qui en fait un être absolument unique et singulier, interdit que cette parole d'aujourd'hui puisse se réaliser. En christianisme traditionnel, le chrétien ne pourra jamais égaler son maître, en contradiction avec ce que lui-même enseignait. La divinisation de Jésus doit être prise avec la plus extrême prudence, sous peine de trahir celui auquel elle est censée rendre hommage.


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