Esclave de prix
Lorsque Jésus eut achevé de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm.
Un centurion de l'armée romaine avait un esclave auquel il tenait beaucoup ; celui-ci était malade, sur le point de mourir. Le centurion avait entendu parler de Jésus ; alors il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir sauver son esclave. Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : « Il mérite que tu lui accordes cette guérison. Il aime notre nation : c'est lui qui nous a construit la synagogue. »
Jésus était en route avec eux, et déjà il n'était plus loin de la maison, quand le centurion lui fit dire par des amis : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Moi qui suis un subalterne, j'ai des soldats sous mes ordres ; à l'un, je dis : 'Va', et il va ; à l'autre : 'Viens', et il vient ; et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration. Il se tourna vers la foule qui le suivait : « Je vous le dis, même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi ! »
De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé.
voir aussi : Assistance on line
Dans quatre vingt dix neuf pour cent des cas où une personne intercède auprès de Jésus en faveur d'une autre, il s'agit de la mère ou du père en faveur de son enfant. Notre centurion, avec son esclave "auquel il tenait beaucoup", détonne à plus d'un titre ! Il y a déjà une contradiction entre le statut de l'esclave et le fait que son maître puisse s'attacher à lui (inversion des rapports). Alors, au point d'entreprendre cette démarche auprès du rabbi galiléen, il faut que cet esclave ait eu pour lui une valeur sentimentale qui ne devait rien à sa seule fonction officielle.
Certains n'hésitent pas à supposer que le centurion était homosexuel et que cet esclave était son petit ami. Cela expliquerait l'attachement affectif nécessaire pour entreprendre la démarche d'intercession. On peut dire que cela contribuerait aussi à justifier l'insistance avec laquelle le centurion supplie Jésus de ne pas entrer dans sa maison.
Si ce centurion était vraiment cet ami des juifs qui nous est présenté par l'évangéliste, il savait déjà leur réticence à pénétrer dans la maison d'un non-juif. Mais il connaissait aussi forcément leur aversion viscérale pour l'homosexualité. Qu'en pensait Jésus ? Peut-on supposer qu'il avait su se dégager des à priori culturels dans ce domaine, un peu similairement à son attitude vis-à-vis des femmes, dont on sait qu'elle était incroyablement libre pour son milieu et son temps ?


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