Purification (2°)
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié.
Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.
Nous avions la semaine dernière la version lucanienne de cet épisode ; les deux sont très proches. La différence la plus importante est qu'il est dit ici que l'homme, purifié, n'obéit pas à la recommandation de Jésus de ne pas répandre la nouvelle.
Cette recommandation, non respectée, du secret est un moyen de mettre en valeur les prises de liberté ultérieures de Jésus avec la Loi. En nous montrant ici Jésus soucieux de faire passer son miracle par les canaux de l'observance scrupuleuse de la Loi, d'une part Jésus ne pourra pas être accusé en bloc de ne pas la respecter, d'autre part les libertés qu'il sera amené à prendre vis-à-vis de cette même loi prendront plus de relief et devront être examinées avec plus de soin quant-à leurs motivations.
En arrière-plan de toute cette logique, il y a le concept, que nous avons bien du mal à comprendre aujourd'hui, que maladie et péché sont liés, et qu'un acte de guérison a donc forcément une contrepartie spirituelle. Cette idée nous semble absurde, nous considérons que notre corps est une chose (presque une machinerie, complexe certes, mais régie par des lois identifiées et sans cesse approfondies par notre science), et que notre foi ou nos croyances sont une autre chose, et que ces deux domaines sont pratiquement sans interférences l'un avec l'autre.
Avons-nous raison ?


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