Fromage sans partage
On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler, et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? — De l'empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.
voir aussi : Mélanges hétérodoxes
Un des plus grands griefs des juifs à l'égard des romains était la prétention de leurs empereurs à se faire passer pour des dieux sur terre. C'est le sens profond de la question que l'on pose ici à Jésus : il n'est certes pas question de rendre un culte à César, mais peut-on seulement donner de l'argent à un homme qui se rend coupable d'un tel blasphème ? N'est-ce pas déjà s'en rendre un peu complice ?
La réponse de Jésus est traditionnellement utilisée por justifier une vision dichotomique de nos vies : il y aurait le domaine temporel, dans lequel il faut bien vivre et où nous avons à nous conformer aux normes extérieures, et le domaine spirituel à soigneusement tenir éloigné du premier. Le christianisme devrait se replier sur la sphère privée (messieurs les évêques, mêlez-vous de vos oignons ...). Drôle de conception d'une religion basée sur l'incarnation !
Rapprochons plutôt la remarque de Jésus de son invitation à vivre dans la pauvreté. La question de payer quelque impôt que ce soit ne se posait certainement pas pour lui ni pour ses disciples, eux qui dépendaient de la charité publique pour leur subsistance. En bref : vous avez de quoi payer un impôt et votre manoeuvre ressemble plutôt à qui cherche à se défausser de ses responsabilités.


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