Mélanges hétérodoxes
On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler, et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? — De l'empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.
Curieuse association entre des pharisiens et des hérodiens, que l'on ne trouve qu'en deux occasions dans tous les évangiles, la première vers les débuts du ministère public , la seconde aujourd'hui, symétriquement à la première, vers la fin de ce ministère. Marc est le seul à mentionner les hérodiens, sans doute avaient-ils encore de l'influence à l'époque où il rédige, mais il ne s'est même pas donné la peine de les intégrer très sérieusement.
D'autant que leur compétence en matière d'impôt à César sont contestables. Les sujets d'Hérode (les Galiléens) n'étaient pas soumis à contribution directe par les romains. Leur contribution, indirecte, était versée par Hérode, qui la répercutait évidemment sur ses sujets, mais ces derniers n'avaient donc pas de moyen de refuser de verser spécifiquement l'impôt à César.
Finalement, il y a peut-être une pointe de critique de Jésus contre Hérode dans sa réponse : Hérode, valet des empereurs, ne mérite que d'être compté parmi ses païens de maîtres. Mais ce n'est pas parce qu'il dit en premier de 'rendre à César ce qui est à César' que la seconde partie de sa réponse serait secondaire : rendez à Dieu ce qui est à Dieu.


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