Partage d'évangile quotidien
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Ceux qui ont vu

Sam. 10 Avril 2010

Marc 16, 9-15 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s'affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils refusèrent de croire. 

Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. 

Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. 

Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. » 

 

 

Le tombeau vide, par He-Qi

 

 

Il est communément reconnu que cette finale de l'évangile de Marc n'est pas de lui. A l'origine, son évangile se termine sur le tombeau vide, avec les anges disant aux femmes qu'il est ressuscité, mais il ne comprend pas de récit d'apparitions de ce ressuscité. Quelqu'un ayant trouvé qu'il y avait un manque s'est permis d'ajouter ces quelques versets finaux (9 à 20), qui résument donc ce qui lui semblait essentiel dans la foi chrétienne. Ce témoignage en lui-même est intéressant par sa forme succinte.

Nous voyons ainsi souligné ici ce qui n'est qu'implicite chez les autres évangélistes, à savoir que l'attitude de Thomas n'a pas été l'exception mais bien la règle : tous autant qu'ils sont n'ont cru que lorsqu'ils ont vu. Oui, ce n'était vraiment pas évident d'y croire, et vraiment aussi, bienheureux ceux qui croiront sans avoir vu. Car finalement, ils ne sont guère que les onze et Marie de Magdala à l'avoir vu ressuscité, et c'est sur le témoignage de cette grosse dizaine de personnes que s'est répandue cette foi, celle qui à ce jour a entraîné le plus grand nombre d'adhésions à travers l'histoire de l'humanité !

On ne peut que constater la puissance de persuasion que ces apparitions leur ont donné, avec quand même aussi l'effusion de l'esprit à la pentecôte ...

Commenter cet évangile

A
<br /> <br /> Personnellement, j'ignore "ce qui me plairait", en ces matières un peu "techniques".<br /> <br /> <br /> Mais pour la beauté, et je dirais même "pour la poésie" (on trouve la poésie où on peut) j'ai mis en ligne mon exemplaire du codex vaticanus (indexé et tout et tout). On peut y voir la finale de Marc et le début de Luc.<br /> Je trouve toujours fascinant cette hésitation d'un copiste chevronné, travaillant sur un manuscrit particulièrement soigné présentant des indices de travail critique, face à un texte tout à la fois généralement accepté et pourtant contesté. Comme on<br /> peut le constater en feuilletant le manuscrit (ou en le téléchargeant), la finale de Marc est l'unique endroit où le copiste ait laissé un espace (et quel espace !) pour se donner la possibilité<br /> d'insérer une finale...<br /> <br /> <br /> Quant à l'hypothèse de la perte de la fin originale de l'Evangile de Marc, c'est un cas tout à fait commun : perte du dernier feuillet d'un codex (voire même des derniers, comme par exemple le<br /> Vaticanus), ou de la fin abimée d'un volumen (rouleau)... Et les Evangiles ont circulé séparément, avant d'être regroupés...<br /> <br /> <br /> Ceci dit, la "finale longue" est d'usage ecclésial : elle est lue comme 3e évangile aux matines du Dimance de Pâques, ainsi qu'aux aux Matines de l'Ascension. Autrement dit, elle est considérée<br /> comme canonique dans l'Eglise orthodoxe.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Sur le fond, je suis tout à fait d'accord : les disciples n'étaient sociologiquement pas du tout préparés à "ça".:<br /> <br /> <br /> Que le Messie fiche les romains dehors, ok, pas de problème.<br /> <br /> <br /> Qu'il soit celui qui avait été annoncé comme le "serviteur souffrant"… acceptable.<br /> <br /> <br /> Que Dieu le ressuscite pour qu'il puisse finir sa mission.. à la limite…<br /> <br /> <br /> Mais que ressuscité d'entre les morts il soit pleinement vainqueur de la mort et du monde… ça dépassait l'entendement.<br /> <br /> <br />                        <br /> <br /> <br /> Un bémol à propos de la finale de Marc. Certes, cette finale de Marc ne peut guère (techniquement) être considérée comme "originale". Cependant, il est un peu précipité d'affirmer que l'Evangile<br /> de Marc s'achevait sur le verset 8.<br /> <br /> <br /> La multiplicité des finales existantes dans les manuscrits semble  indiquer au contraire que cet Evangile possédait<br /> une finale qui s'est perdue de très bonne heure. Ensuite, nous en sommes réduits aux conjectures. Tentative de recomposition de mémoire  en divers lieux ? Toujours est-il que<br /> dès le IIe siècle, la finale dite "longue" (celle dont nous avons une partie ci-dessus) est connue et citée comme étant de Marc.<br /> <br /> <br /> Pour les témoins de la "finale courte" (donc s'achevant avec le verset 8) on note les codex Sinaiticus et Vaticanus, qui sont l'un et l'autre des manuscrits dont on ne saurait sous-estimer<br /> l'importance. Et s'il est vrai que ces deux manuscrits terminent l'Evangile de Marc par le verset 8, il est à noter que le Vaticanus présente une "curiosité" à cet endroit : une fois le texte<br /> achevé, le copiste a laissé une colonne entièrement vide à côté. Or, il n'est absolument pas coutumier du fait : qu'il laisse la fin de colonne vide, certes oui, mais une colonne vide en plus, ça<br /> jamais (au prix où est le parchemin !!!). Cette colonne témoigne de l'hésitation de ce copiste : il savait qu'il existait une finale (ou plusieurs), mais qu'elle était contestée. Ne voulant<br /> décider, il a laissé la place pour l'ajouter ultérieurement, éventuellement. En somme, le Vaticanus est un "témoin" non seulement de la "finale courte", mais aussi des hésitations qui existaient<br /> à l'époque dans les scriptoria.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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A
Merci, Albocicade, pour toutes ces précisions.<br /> Peut-être effectivement y avait-il à l'origine une finale à l'évangile de Marc, qui s'est perdue. Peut-être d'ailleurs n'était-elle pas porteuse de sens important, voire même pourquoi pas porteuse d'un sens trop différent de celui donné par les autres ?<br /> <br /> Mais il me plairait bien que ce ne soit pas le cas. Je trouve que cet évangile qui se contenterait de la révélation du tombeau vide resterait très ouvert sur le mystère, plus chargé de poésie en somme.