Table ouverte
Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde. Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Jésus est l'homme des paradoxes, ce court passage en concrétise un, même si ce n'est pas directement évident.
Jésus appelle Lévi. Ca n'a l'air de rien comme ça, mais on sait par d'autres passages que cela veut dire concrètement laisser maison, famille, toute sécurité. Tout abandonner. C'est exactement ce qu'on reproche aux sectes de nos jours : elles déracinent les gens, leur font quitter leurs études, leur travail, les coupent de leur famille.
Puis ces mêmes gens auxquels il a fait tout perdre, Jésus les fait manger avec les publicains et les pécheurs, avec tous ceux dont personne ne voulait comme convives, les collabos et les clochards.
Et là, nous sommes aux antipodes des sectes, qui au contraire prétendent construire une micro-société repliée sur elle-même pour préserver leur 'pureté' et leur 'supériorité' du reste du monde, impur et inférieur.
Cette conjonction d'une exigence extrême et d'une ouverture tout autant extrême est vraiment un caractère typique de cet homme qui vécut il y a 2000 ans et qui, décidément, n'a pas fini de nous surprendre !


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