Délégation de pouvoir
Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais, et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
voir aussi : Fondés de pouvoir, Vade-mecum
De quel genre de pouvoir s'agit-il ici ? Est-ce du genre qui s'exerce par la force, qui contraint extérieurement, qui impose ? La question est importante. Spontanément, quand nous lisons cette description "chasser les démons, guérir les malades", n'est-ce pas à ce genre de pouvoir que nous pensons ? Ne nous représentons-nous pas une sorte de mage, se dressant de toute la hauteur de sa stature, pour invectiver l'esprit mauvais et le réduire au silence ?
Or ce n'est pas ça. Le pouvoir de Jésus, on l'a vu, il est du type qui finit sur une croix, abandonné de tous. C'est un pouvoir qui ne vient pas de lui-même, dont il n'est pas la source, et qui ne revient pas vers lui-même, sous forme de gloire ou autre puissance. C'est un pouvoir qui passe seulement par celui qui le manifeste, et qui suppose de sa part, non seulement un désintérêt dans le domaine de l'amour-propre, mais même une participation active dans le domaine du renoncement.
En bref, pas de quoi justifier la moindre hiérarchie, dans ce texte.


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