Origine du mal
Il appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique. Alors il leur dit : « Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l'homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n'entre pas dans son coeur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
Il leur dit encore : « Ce qui sort de l'homme, c'est cela qui le rend impur. Car c'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »
voir aussi : Pensées impures, Bon sens
On ne peut exclure l'influence de notre nourriture sur notre comportement, et l'intérêt qu'il peut y avoir à modifier ses habitudes alimentaires pour améliorer ses humeurs et, partant, l'un dans l'autre, son état d'esprit. Mais il reste que les impulsions 'perverses' n'ont pas leur origine dans les aliments, ces derniers peuvent seulement nous aider à, ou au contraire nous empêcher de, les maîtriser, les canaliser. C'est bien en nous que s'originent nos pulsions.
On peut aussi se demander si ces pulsions se sont toujours trouvées là, ou si elles s'y sont fixées au cours de notre développement, et comment. Il y a peut-être des deux. Si on se place du côté des théories des naissances successives (réincarnations) et de la notion de karma, c'est évident qu'il y a un donné initial en la matière. Les circonstances de la vie viennent alors comme occasions d'apprendre à domestiquer ces tendances, mais aussi comme risques d'y échouer, voire de les aggraver.
La théorie du péché originel, de son côté, n'est pas aussi catégorique. On peut la comprendre, bien sûr et malheureusement, au niveau biologique. Nos inclinations regrettables seraient alors inscrites dans nos gênes. Cette vision est à mon sens désespérante. Une autre interprétation envisage plutôt une transmission par la culture, par l'ambiance dans laquelle nous baignons. C'est le mal, omniprésent dans nos sociétés humaines, qui contamine inévitablement tout nouvel être qui vient à y vivre, par osmose, imitation.


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