Savoir vivre
« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera.
« Qui vous accueille m'accueille ; et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d'homme juste recevra une récompense d'homme juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d'eau fraîche, à l'un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense. »
Jésus acheva ainsi de donner ses instructions aux douze disciples, puis il partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.
voir aussi : Choisir son camp
Suite et fin de l'incise post-pascale. On peut croire Matthieu, la situation fut vraiment celle-là, lorsque la synagogue décida d'exclure les chrétiens. Au moins pour la communauté matthéenne, mais en fait pour beaucoup de communautés chrétiennes, ce fut un choc terrible. Comme si, de nos jours, l'église catholique décidait d'excommunier les charismatiques, par exemple.
Presque du jour au lendemain, des familles qui avaient en leur sein des membres des deux mouvances, pharisienne et chrétienne, furent obligées de se positionner. Les chrétiens se sentirent dépossédés de leur héritage, coupés de leurs racines. On voulait leur dénier le droit de se réclamer de l'alliance, de la Torah. C'est la raison pour laquelle Matthieu a construit son évangile autour de l'accomplissement des écritures. Pour revendiquer ce qu'il considère comme son bon droit.
Matthieu insiste d'ailleurs sur l'accomplissement parfait de la loi par Jésus : "pas un iota" est une expression qui lui est propre. Et de fait, dans le discours sur la montagne, si Jésus se permet de critiquer la loi avec ses fameux "on vous a dit, et moi je vous dis", c'est toujours dans un sens de plus grande exigence. La position de Jésus par rapport à la loi, telle que la décrit Matthieu, est de remonter avant la loi, au-delà, à sa source. Et parce qu'il se fonde sur l'esprit de la loi, il peut se permettre de la refonder, il est pleinement habilité à le faire. Telle est du moins la thèse défendue par Matthieu.


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