Partage d'évangile quotidien
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Jésus qui rit et Jean qui pleure

Ven. 14 Décembre 2012

Matthieu 11, 16-19 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres : 'Nous vous avons joué de la flûte,et vous n'avez pas dansé.Nous avons entonné des chants de deuil,et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.' 

« Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : 'C'est un possédé' ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.' Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait. » 

 

 

Le cantique de Salomon, par He-Qi

 

 

voir aussi : Caprices de l'amour, Aliénation, Sales mioches !

Il ne faudrait pas conclure de ce passage que les ministères de Jean et de Jésus se situent sur un même niveau. Jésus est porteur d'une nouveauté, il introduit dans un paradigme impensable avant lui. Mais par contre, cette nouveauté n'invalide pas pour autant l'essentiel du message de Jean. Ce qu'elle change, c'est le point de vue, et cela change tout, mais ne veut pas dire que les recommandations de Jean puissent être jetées aux orties !

Jean se situait sur le terrain de la morale, là où Jésus se situe sur celui de l'amour. L'amour ne se substitue pas à la morale, mais il lui donne son sens. La morale de Jean était déjà plus élevée que celle prônée par ses coreligionnaires. La morale de Jean était intériorisée. C'était son gros reproche : vous vous croyez sauvés juste parce que vous êtes descendants d'Abraham, juste parce que vous pratiquez certains rites, juste parce que vous observez certaines recommandations ; vous vous trompez, parce que ce qui compte, c'est le cœur que vous y mettez, pas les actes en eux-mêmes.

On retrouve chez Jésus aussi ce souci de faire rentrer la morale à l'intérieur, de la faire prendre en compte personnellement et non extérieurement. C'est par exemple "on vous a dit que prendre la femme d'un autre est de l'adultère, moi je vous dis que juste la regarder avec du désir est de l'adultère". Ou encore "on vous a dit de ne pas lever la main sur votre frère, moi je vous dis de ne pas nourrir de mauvaises pensées à son sujet". Tout ceci vise à faire entrer la morale en profondeur dans le comportement, à ne pas en rester à des obligations extérieures. Et ce n'est pas un chemin facultatif !

Mais là n'est pas le cœur du message de Jésus. Ce n'est que la condition nécessaire, mais pas le but. Ce que Jésus propose, c'est de découvrir Dieu en nous, notre Père. Entrer dans une relation nouvelle, différente, avec Dieu. Cette relation ne peut pas s'instaurer s'il n'y a pas un minimum de place pour lui, si tout est rempli en nous par nous seul. C'est là le rôle de l'intériorisation de la morale, faire du nettoyage, faire entrer la lumière dans les ténèbres de celui que nous croyons être, discipliner, ordonner, ranger, jeter, vider.

La morale extérieure, il n'y a pas besoin d'être humain pour la pratiquer, une machine en est parfaitement capable. La morale intérieure, c'est plus difficile. C'est un chemin un peu aride, parce qu'on n'en voit pas les bénéfices immédiatement. Il faut faire confiance, y croire, avoir compris aussi qu'on n'a pas vraiment le choix, au fond. Parce qu'elle n'est pas un but en elle-même, non plus. Mais quand naît en nous le germe divin, c'est-à-dire lorsque nous en prenons conscience pour la première fois, comme d'une réalité 'tangible' – et non pas seulement d'un article de foi –, alors nous ne regrettons rien, au contraire, c'est un sentiment de gratitude qui nous envahit, cela dépasse tout ce que nous avions pu imaginer.

Fais-le !

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