Les yeux du coeur
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
Il leur répondit : « A vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder, qu'ils écoutent sans écouter et sans comprendre.
« Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe :Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le coeur de ce peuple s'est alourdi :ils sont devenus durs d'oreille,ils se sont bouché les yeux,pour que leurs yeux ne voient pas,que leurs oreilles n'entendent pas,que leur coeur ne comprenne pas,et qu'ils ne se convertissent pas.Sinon, je les aurais guéris !
« Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »
La première lecture d'aujourd'hui dit aussi : "Mon peuple a commis un double péché : ils m'ont abandonné, moi, la source d'eau vive, et ils se sont creusés des citernes ; des citernes fissurées, qui ne retiennent pas l'eau !" (Jérémie 2, 13). Tout est dit. Dieu n'est pas captable, on ne peut pas l'emprisonner dans des définitions. Dieu est vivant, il ne se laisse rencontrer que dans une relation vivante.
Ceux qui ne se fondent que sur leurs citernes d'édifices théologiques ne boiront au mieux qu'une eau croupie. Les citernes sont incapables de retenir Dieu, esprits mesquins qui se figurent pouvoir l'emprisonner ! Ceux-là ont effectivement des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre. Mais Jésus peut les guérir. S'il utilise des paraboles c'est justement parce que le choc de l'image peut pénétrer là où la raison discursive n'aurait pas prise.
Bien d'accord, cher Sagramor, sur l'intérêt de l'inventaire des emprunts et ajôuts successifs dans la construction du christianisme. A condition que le critère d'originalité (= ce qui peut être raisonnablement considéré comme venant du Jésus historique) ne soit pas le seul critère de véracité. Car après tout, il serait présomptueux de penser que Dieu a cessé de se révéler à la mort de Jésus, non ?


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