Explication de texte
« Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
« Quand l'homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son coeur : cet homme, c'est le terrain ensemencé au bord du chemin.
« Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c'est l'homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n'a pas de racines en lui, il est l'homme d'un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il tombe aussitôt.
« Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c'est l'homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit.
« Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est l'homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »
voir aussi : Milieux et cultures
"l'homme qui entend la Parole et la comprend" : l'étymologie du verbe grec qui signifie 'comprendre', dans ce texte comme dans beaucoup d'autres du second testament, est intéressante. suniémi (συνίημι), de 'sun' ensemble et 'iémi' jeter en avant, suggère que la compréhension résulte d'une projection. Comprendre résulte d'une sorte de saut par-dessus l'inconnu, d'une confiance à avoir, d'une absence d'appréhension, d'aversion.
On peut le constater même sur des apprentissages de base comme la lecture ou le calcul. Les enfants, ou les adultes, qui ont le plus de mal, sont ceux qui se posent trop de questions. Ils se compliquent la vie avec des tas de détails qui ne viennent pas à l'esprit des autres. Bref, leurs difficultés ne viennent pas de ce que la matière à apprendre soit trop compliquée. La matière est simple, trop simple même. C'est eux qui sont compliqués.
Il en va de même avec les paraboles, et d'une manière générale avec l'enseignement de Jésus. Il suffit de les accepter à priori. Et d'ailleurs, qu'ont-ils qui pourrait justifier quelque méfiance ? Mais effectivement, il y a un petit saut dans l'inconnu à faire. Qui en a peur ?


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