Partage d'évangile quotidien
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Ça c'est la vraie vie !

Ven. 9 Août 2013

Matthieu 16, 24-28 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut venir derrière moi, qu'il se renie lui-même, porte sa croix et me suive ! 

« Eh oui ! Qui voudra sauver sa vie la perdra ! Mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera ! Eh oui ! En quoi est-ce utile à un homme s'il gagne le monde entier mais damne sa vie ? Ou que donnera un homme en échange de sa vie ? 

« Car le fils de l'homme va venir dans la gloire de son père, avec ses anges. Alors il rendra à chacun selon ses agissements. Amen, je vous dis : il est certains de ceux qui se tiennent ici qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le fils de l'homme venir dans son royaume. » 

 

 

Le buisson ardent, par He-Qi

 

 

voir aussi : Tous derrière, lui devant, Le coût de la vie, Sans prix

Une rhétorique très casse-cou, aujourd'hui. Au nom de textes comme celui-ci, des générations de chrétiens se sont enfoncées dans la névrose du sacrifice, gâchant leur vie et celle de leurs proches, en pure vanité : je ne dois pas penser à moi, je ne dois penser qu'aux autres, je m'écrase, je refoule mes désirs et mes sentiments qui n'ont pas le droit de se manifester. Celui qui veut suivre Jésus devrait "se renier lui-même" ? Il faudrait se mettre d'accord sur ce qu'on entend par là. Par exemple, avons-nous le sentiment que Jésus s'est renié lui-même ? Est-ce qu'il s'est dit un jour : tiens, maintenant, allez hop, je me renie ? Est-ce une décision à prendre comme ça, arbitrairement ? Ou encore : à quoi exactement s'agit-il de renoncer, et pour quoi ?

Or, justement, si nous prenons exemple sur Jésus, nous voyons qu'il ne s'est certainement pas sacrifié n'importe comment ni pour n'importe quelle raison. Il n'a pas, par exemple, pris la décision de monter à Jérusalem, avec les conséquences que l'on sait et dont il se doutait, à la légère et du jour au lendemain. Après avoir constaté l'échec de sa première prédication auprès des foules de Galilée, il lui a fallu du temps pour choisir ce qu'il allait faire. Monter à Jérusalem était une option possible. Mais il semble qu'il se soit interrogé aussi sur la possibilité de poursuivre en-dehors des frontières d'Israël. En tout état de cause, ce n'est pas tout seul et sur un coup de tête qu'il a pris sa décision. Il a laissé mûrir progressivement la question, il a prié, tâté différents terrains, et finalement c'est au cours d'une de ces prières, exceptionnelle, qu'il a pris sa décision, après avoir reçu de son Père des signes très forts en ce sens : la transfiguration. Et, quand il l'a prise, cette décision, je suis sûr qu'il n'avait pas l'impression de se sacrifier, mais qu'au contraire c'était celle qui le satisfaisait, qui le comblait même. C'est ce que nous dit ce rayonnement qui émanait de lui à ce moment-là. Par contre, il est aussi certain qu'il lui a fallu par la suite du courage pour aller jusqu'au bout. On l'a vu à Gethsemani, quand il évoque la possibilité que "cette coupe lui soit épargnée". On l'a vu aussi sur la croix, quand il a eu le sentiment que son Père l'avait abandonné. Là, oui, il a eu à renoncer concrètement à lui-même, à faire confiance. Mais c'était un renoncement à lui-même ...par fidélité à lui-même, par fidélité à l'expérience qui lui avait été donnée sur la montagne.

Une discussion a porté récemment, sur un blog ami, sur cette question : Jésus s'est-il suicidé ? C'est une autre question casse-cou, mais qui a beaucoup à voir avec celle que nous nous posons aujourd'hui. En effet, puisqu'il aurait très bien pu s'expatrier s'il le voulait, ou même encore simplement s'écraser, il a donc fait un choix qui peut s'apparenter plus ou moins, à première vue, à une conduite suicidaire. Nous écarterons l'hypothèse d'un Jésus complètement inconscient, n'ayant aucune idée de ce qui l'attendait. Nous écarterons aussi ce qui a sans doute motivé Judas, une attitude à peine moins naïve, celle de croire qu'il pouvait convaincre le sanhédrin de sa messianité lors de sa comparution, tout le monde se réconciliait alors, Jésus étant officiellement proclamé Messie par les autorités accréditées. Nous considérons donc un Jésus qui savait qu'il n'avait aucune chance. Mais aucune chance de quoi ? Aucune chance de sauver sa peau, oui, sans doute. Mais, sérieusement, est-ce que çà ne faisait pas déjà un bon bout de temps qu'il ne se posait plus la question dans ces termes ? Comment ne verrait-on pas que, tout du long de son ministère, il place sa mission au-dessus de sa personne ? Comment pourrait-il continuer de vivre avec lui-même s'il renonçait à révéler le Père ? C'est là qu'est sa vraie vie, celle du Père qu'il a découverte en lui, et, pour lui, c'est de renier cette vie, de laisser tomber, baisser les bras, qui serait son vrai suicide. C'est en tout cas ce qu'il a cru discerner lors de la transfiguration : que c'était par cette voie qu'il porterait au plus haut le témoignage de ce qu'il vivait. A-t-il eu raison, a-t-il eu tort ?

Mais pour beaucoup d'entre nous, nous n'en sommes pas encore là, et de loin. Jésus a pu faire ce choix parce qu'il avait une vie personnelle, réelle et profonde, avec le Père. Et c'est par là qu'il faut commencer. Renoncer à nous-mêmes ? oui, mais seulement pour le Père, qui est notre moi le plus intime. Il ne s'agit pas de nous sacrifier, il s'agit d'apprendre à nous connaître.

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O
La référence au fils de l'homme fait probablement référence à le vision du prophète Daniel :<br /> <br /> 13 “ Je continuai de regarder dans les visions de la nuit, et, voyez : avec les nuages+ des cieux venait quelqu’un de semblable à un fils d’homme*+ ; il eut accès auprès de l’Ancien des jours+, et on le fit approcher devant Celui-là+. 14 Et on lui donna domination+, dignité+ et royaume*+, pour que les peuples, communautés nationales et langues le servent tous+. Sa domination est une domination de durée indéfinie qui ne passera pas, et son royaume, [un royaume] qui ne sera pas supprimé+.<br /> Que n'a t-on pas déduit de ce qui n'était finalement qu'une vision ,un songe ? <br /> Jésus connaissait ce passage de Daniel mais je pense qu'il utilisait l'expression fils de l'homme dans le sens fils des humains tout simplement .La théologie des premiers siècles l'aurait utilisée pour construire sa christologie souvent très éloignée du Jésus de l'histoire .
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A
Effectivement, je crois aussi que l'expression &quot;fils d'homme&quot; dans les évangiles a le plus souvent le sens tout simple de &quot;être humain&quot;. C'est son sens le plus courant en hébreu, y compris dans la Bible. Il est possible que par là Jésus voulait de plus insister sur sa propre dimension humaine par rapport à des interlocuteurs qui auraient tendance à faire de lui un être extraordinaire (voire divin ?) et aussi par rapport à ceux qui au contraire le lui reprochaient.<br /> <br /> Ceci dit, la croyance, selon laquelle le &quot;fils d'homme&quot; dont parle Daniel, dans le texte que vous citez, devait venir &quot;à la fin des temps&quot; pour inaugurer le Royaume, n'est pas une invention des chrétiens, mais faisait bien partie de ce qu'une partie des juifs pensaient. C'est visiblement dans ce sens qu'elle est utilisée ici, et je pense, comme vous, que c'est ici l'évangéliste qui fait parler Jésus, et non Jésus lui-même qui parle. Messie, Fils de l'Homme à la façon Daniel, Fils unique de Dieu : pour moi, Jésus n'a jamais revendiqué aucun de ces titres. Juste fils d'homme, Jésus fils de Joseph donc...