Bon coeur, bon oeil
« Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et la rouille les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur.
« La lampe du corps, c'est l'oeil. Donc, si ton oeil est vraiment clair, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton oeil est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y aura-t-il ! »
"là où est ton trésor, là aussi ton coeur". C'est effectivement tout le problème de la richesse, de quelque forme qu'elle soit. Y compris du genre : les mérites que j'ai acquis au ciel. Comme si je pouvais juger de la bienfaisance ou de la malfaisance de mes actions. Ou, comme si je pouvais être à l'origine du bien qui, éventuellemnt, s'accomplit par mon intermédiaire.
Le ciel est ce 'lieu' où il n'y a pas de richesses, pas d'avoirs, que de l'être. Et être, c'est être en devenir, en mouvement. Il n'y a pas de qualités que l'être puisse acquérir. Je suis sensible, je suis intelligent, je suis généreux, je suis prudent : tout ceci est de l'ordre de l'avoir si je m'imagine que c'est permanent, durable, définitif. Je suis ce que je deviens, YHWH.
Et l'oeil, alors ? Cet oeil qui est lumière, qui représente notre conscience. Il est bien évident que si notre coeur est encombré de soucis d'avoirs, notre conscience s'en trouve entravée. Notre intelligence est alors un champ de bataille entre les attachements et résistances de l'âme pour ses 'possessions', et les appels de l'esprit vers l'ouverture et la liberté de l'être. C'est une bataille qui n'est pas d'hier ...


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