La prière
« Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
« Vous donc, priez ainsi :Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne ;que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
« Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. »
voir aussi : Papa !
Jésus priait-il lui-même ainsi ? Au-delà du contenu précis de cette prière, d'ailleurs remarquable, il convient de prendre en compte l'introduction :
"à force de paroles" : prier n'est guère compatible avec la logorhée. Les paroles que nous donne Jésus comprennent absolument tout ce que nous pouvons avoir à dire à Dieu. Nous pouvons broder sur ce canevas, l'adapter à nos circonstances particulières, mais l'essentiel est dans ces quelques mots.
"ne rabâchez pas" : prier ne peut pas être un acte mécanique. Même ces paroles seront de trop si nous nous contentons de les répéter 'par coeur'. Rien de plus horrible que tous ces répons annonés dans nos cultes sans aucune âme, tout le monde sur le même ton et la même ritournelle.
"votre Père sait" : la cible réelle de la prière n'est pas Dieu mais nous-mêmes. Prier en utilisant ces mots avec conscience nous amènera à nous découvrir nous-mêmes et nous transformera. Ce n'est pas Dieu qui a besoin de changer, c'est nous qui avons besoin de nous convertir.
Par ces moyens : nous limiter à ces quelques sujets clés, nous arrêter pour nous pénétrer de leur sens, nous serons amenés à ce qui était certainement le coeur de la prière de Jésus lui-même : l'écoute silencieuse, la simple présence devant Dieu, qui est aussi absence de soi.
On nous dit effectivement à plusieurs reprises dans les évangiles que Jésus passait de très long temps en prière : toute une nuit, un après-midi. Il ne semble pas vraisemblable qu'il passait ces longues heures en 'force paroles' et 'rabâchage'. Mais bien plus évidemment, se laissait-il saisir par Dieu, ce qui lui montrait quel était le chemin à suivre pour la suite, tout en lui en donnant les forces nécessaires. Comme à la transfiguration, par exemple. L'exemple exemplissime, en fait.


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