Patrimoine immatériel
Une petite expérience de laboratoire (qui a été effectivement menée) : on construit un labyrinthe à souris, on place une souris à l'entrée et on chronomètre le temps qu'elle met pour trouver la sortie. Puis on transmet les plans du labyrinthe à un deuxième laboratoire quelque part ailleurs dans le monde, lequel chronomètre lui aussi le temps mis par sa souris pour trouver la sortie, et puis on continue avec encore un autre laboratoire, etc. Le labyrinthe est le même, les souris de la même espèce, même âge, mêmes conditions, et on constate que les souris mettent de moins en moins de temps à trouver la sortie...! Tout se passe comme s'il existait une sorte de mémoire de l'espèce, une mémoire immatérielle et partagée par tous les membres, sans contact direct des uns avec les autres.
Il se trouve qu'une telle mémoire fait partie des postulats métaphysiques des traditions extrême-orientales qui l'ont appelée mémoire akashique, l'akasha étant le substrat "physique" qui lui sert de support. Il existe ainsi une mémoire de l'univers entier, partagée par tout l'univers, mais aussi une mémoire de notre système solaire, une mémoire de notre planète, une mémoire de chaque espèce vivante, une mémoire de chaque tribu ou clan animal, et jusqu'à une mémoire de chaque famille humaine, en plus bien sûr de nos mémoires individuelles. Et dans chacune de ces mémoires (qui communiquent aussi entre elles dans certaines mesures) se trouvent évidemment des "souvenirs" heureux et d'autres plus douloureux, qui influent sur nous, sur nos tempéraments, notre psychologie, notre santé mentale...
En occident, traditionnellement, nous avons les notions d'anges et de démons, c'est-à-dire d'influences immatérielles auxquelles nous pouvons être soumis, et auxquelles nous sommes incités à résister (les démons) ou au contraire lesquelles nous sommes invités à suivre (les anges) : c'est exactement la même chose dont parle le concept de mémoire akashique, la différence étant que dans ce dernier, on ne prête pas d'intentions bienveillantes ou malveillantes à ces influences, pas plus qu'il ne viendrait à personne l'idée d'accuser la gravité terrestre de nous avoir voulu du mal quand nous tombons du haut d'une échelle et de nous vouloir du bien quand elle nous permet de garder les pieds sur terre !
Qu'est-ce que ça change ? En premier, qu'on se débarrasse de toute notion de culpabilité de ceux qui en sont les victimes. Les "possédés" — ceux que de nos jours nous appelons des malades mentaux, qu'il y ait ou non un substrat physiologique à leur condition — ne le sont pas parce qu'ils auraient péché d'une manière ou d'une autre. Cela semble évident ? qui, pourtant, par rapport à telle ou telle personne de son entourage souffrant de dépression ne s'est pas surpris à penser "quand même, il ou elle devrait faire un petit effort" ?
Parmi l'arsenal des psychothérapies, une tendance qui a été à la mode il y a quelques années était de rechercher dans des non-dits des générations précédentes, on parle alors de psychogénéalogie ou de psychologie transgénérationnelle, et ce n'est bien sûr pas faux, mais cela reste dans la même impasse que toutes les psychothérapies de type analytique : ce n'est pas de connaître les faits qui guérit quoi que ce soit ...! au contraire, cela enferme toujours plus la personne dans un égocentrisme qui, en soi, est le contraire de la bonne santé mentale.
Reste que ça ne me dit pas comment nos deux possédés Gadaréniens ont pu être guéris ! vous avez une idée ?
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Quand il vient de l'autre côté,
au pays des Gadaréniens,
le rencontrèrent deux possédés
venant des sépulcres,
extrêmement violents,
tellement que personne ne pouvait
passer par ce chemin-là,
et voici qu'ils crièrent en disant :
« Qu'y a-t-il de nous à toi, fils de Dieu ?
es-tu venu ici, avant le moment,
nous tourmenter ? »
Or, loin d'eux,
il y avait un troupeau de cochons, nombreux, en pâture,
et les démons le suppliaient en disant :
« Si tu nous jettes dehors,
envoie-nous dans le troupeau de cochons. »,
et il leur dit : « Allez ! »,
alors ils sortirent
et s'en allèrent dans les cochons,
et voici, tout le troupeau dévala
du haut de la falaise dans la mer,
et ils moururent dans les eaux.
Les pâtres s'enfuirent
et s'en allèrent à la ville,
tout raconter, y compris l'affaire des démoniaques,
et voici que toute la ville sortit
à la rencontre de Jésus,
et l'ayant trouvé, ils le supplièrent
de quitter leur région.
(Matthieu 8, 28-34)

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