Partage d'évangile quotidien
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Système chaotique

Mar. 11 Juillet 2023

Tout, absolument tout, est possible ; à nous de savoir ce que nous souhaitons, et cela sera.

Comme un troupeau sans berger : c'est ici un autre des meshalim classiques du judaïsme, Israël est comparé à un troupeau de petit bétail (moutons, chèvres...) et Dieu à son berger. Dans l'évangile de Jean, Jésus s'affirme être ce "bon" berger, celui que Dieu a envoyé pour prendre soin de ce troupeau qui semble abandonné. Effectivement, cela fait quelques siècles maintenant qu'Israël n'a plus vraiment de roi, n'est plus vraiment un peuple souverain sur sa terre, et qu'il n'y plus eu non plus de prophète qui se soit levé en son sein : est-ce que Dieu ne les aurait pas abandonnés ? et bientôt, le Temple va même être détruit, la population massacrée...

Il est pourtant difficile de concevoir un Dieu qui s'absenterait, qui aurait d'autres chats à fouetter, qui aurait besoin de piquer un bon roupillon, qui serait devenu sourd avec l'âge... tout ceci, c'est l'ironie avec laquelle Élie avait accablé le dieu Baal, dont Jézabel avait promu le culte en Israël. YHWH ne peut pas être comme ça ! Il est toujours là, toujours présent, toujours fidèle à son alliance ; s'il y a un problème, il est du côté des hommes, soit qu'ils ne sachent pas reconnaître ceux que Dieu leur envoie (et c'est là la thèse du christianisme, Jésus est cet envoyé de Dieu qu'Israël n'a pas voulu écouter), soit que la situation dans laquelle ils se trouvent est celle qu'il leur faut, aussi étrange que cela leur paraisse ?

Quoi qu'il en soit, il semble que la solution ne dépende pas que de Dieu, mais aussi des hommes, ces derniers ont leur rôle à jouer, ne serait-ce que par leur prière : "Priez le maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers !". Ceci signifie pour le moins qu'on ne doit pas s'attendre à ce que Dieu soit comme la poule qui donne la becquée à ses petits avant même qu'ils n'ouvrent leur bec ! Si Dieu est père (et mère...), cela signifie justement que son objectif, à terme, est que ses enfants acquièrent progressivement leur autonomie, qu'ils deviennent responsables, qu'ils prennent en charge leur vie, librement, et non qu'ils restent comme des esclaves soumis à un maître qui ne les traiterait guère mieux que des objets. Oui, Dieu attend de nous que nous soyons pour lui comme des partenaires, des vis-à-vis.

Et il ne s'agit pas là d'un faux-semblant ! Dieu ne joue pas à faire comme si il nous prenait au sérieux, comme si il nous écoutait, comme si il tenait compte de nos avis, mais agissant de toute façon comme il l'avait toujours prévu. Non, Dieu a réellement besoin de nous, et Dieu sait changer ses projets en fonction de nous. Toute l'histoire de la Bible est l'histoire de ce compagnonnage entre Dieu et nous. Quand Abraham essaie d'intercéder pour que Dieu ne détruise pas Sodome, Dieu est réellement prêt de renoncer à le faire. Quand Israël réclame d'avoir un roi pour être "comme les autres nations", Dieu l'accepte, bien qu'il soit persuadé que c'est une mauvaise chose. Les exemples sont innombrables. Dieu n'est pas immuable.

C'est donc une aventure commune que nous vivons avec lui. Nous évoluons, l'humanité évolue, et Dieu aussi. Cela ne signifie pas que Dieu puisse devenir n'importe quoi, et pour commencer, il ne peut déjà pas disparaître, évidemment. Ce qui est immuable en Dieu, ce n'est justement que cela, sa présence : lui, il est toujours là, présent à nous, pour nous. Pour le reste, tout, absolument tout, est possible ; à nous de savoir ce que nous souhaitons, et cela sera : le bonheur ou le malheur, la solitude ou l'amour, l'harmonie ou la discorde, la mort ou la communion, ...

 

 

Et comme Jésus partait de là,
deux aveugles le suivirent,
    et criant dirent :
« Aie pitié de nous, fils de David ! »
    Alors, lorsqu'il fut arrivé à la maison,
les aveugles s'approchèrent de lui,
    et Jésus leur dit :
« Croyez-vous que cela, je peux le faire ? »
    Ils lui disent :
« Oui, Seigneur ! »
    Alors il toucha leurs yeux en disant :
« Qu'il en soit pour vous selon votre foi ! »,
et leurs yeux s'ouvrirent.
    Jésus leur intima sévèrement :
« Voyez à ce que personne ne le sache ! »
Mais eux, étant sortis,
    parlèrent de lui dans toute ce pays-là.

Comme ils sortaient, voici :
    on lui présenta un homme, muet, démoniaque,
et le démon ayant été expulsé,
    le muet parla.
    Les foules s'émerveillèrent, disant :
« Jamais on n'a vu rien de tel en Israël ! »,
    mais les pharisiens disaient :
« C'est par le chef des démons,
qu'il expulse les démons ! »
    
Et Jésus parcourait toutes les villes et les villages,
    enseignant dans leurs synagogues,
    proclamant la bonne nouvelle du royaume,
    et guérissant toute maladie et toute infirmité.
En voyant les foules,
il était remué jusqu'aux entrailles pour elles,
    parce qu'elles étaient fatiguées et prostrées,
comme un troupeau qui n'a pas de berger,
    alors il dit à ses disciples :
« Beaucoup de moisson
mais très peu d'ouvriers !
    Priez donc le maître de la moisson
qu'il envoie des ouvriers
dans sa moisson ! »

(Matthieu 9, 27-38)

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